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ESSAI

Vendredi 26 août 2005 5 26 08 2005 00:00

 

      

 Le village virtuel

 

 Au cours du vingtième siècle, les progrès techniques ont amené non seulement une profonde modification de notre mode de vie, mais surtout un changement radical de notre façon de communiquer. La radio, puis la télévision furent les prémices d’un extraordinaire bouleversement. Mais si ces nouvelles technologies nous donnaient accès à un grand nombre d’informations elles ne permettaient pas de communiquer. Le téléphone fixe fut le premier outil révolutionnaire en ce domaine. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les hommes allaient pouvoir communiquer d’un point à un autre de la planète. La fin du siècle vit la naissance puis la démocratisation du téléphone portable et de l’ordinateur. Le monde prit alors une autre dimension, les distances s’abolirent et nous entrâmes dans l’ère de la communication. Une nouvelle étape fut franchie avec l’ordinateur qui permet un accès quasi illimité aux personnes et au domaine des connaissances. Ce nouvel outil va permettre à chaque individu de la planète de pouvoir établir une communication, voir une relation avec tout autre possédant le même outil. Les forums de discussions sur le net se multiplient sans cesse et concurrencent les discussions du bistrot du coin. La seule limite imposée à la communication est désormais linguistique. Chaque personne possédant l’outil (l’ordinateur ) a la possibilité de créer son "Café du commerce virtuel ". Selon nos affinités, artistiques ou sportives, nos hobbies, nos goûts, nous allons développer des relations avec des personnes de toutes les régions du monde, la seule condition est de pouvoir se comprendre dans une langue, qui n’est pas nécessairement notre langue maternelle. Ainsi, chacun crée son propre village virtuel, vous qui lisez cet article faites partie de mon village virtuel. Vous me connaissez par mes écrits, je vous connais également par vos écrits et vos commentaires. Autour de ces échanges, des liens se créent, des amitiés même se forment, des groupes de personnes partageant les mêmes centres d’intérêts se constituent, l’un à Charleroi, un autre à Montréal, un troisième au fond d’une campagne française, encore un autre à Marrakech ou à l’Ile Maurice. Cet ensemble de personnes qui pour la grande majorité ne se sont jamais vues forme une sorte de famille, moi je dis ‘un village’, mais peu importe le nom.

C’est pour moi un moment très agréable de retrouver quotidiennement mon village virtuel et de partager avec vous la même passion : ‘celle de l’écriture’. A y réfléchir, c’est étrange, on donne l’impression de se connaître, on reconnaît une telle ou un tel à sa prose, à ses expressions, à ses plaisanteries, mais nous n’avons souvent aucune idée de qui est l’autre physiquement ? Est-il petit ou grand ? Est-elle jeune ou âgé ? Beau ou laid ? Allure sportive ou pépère ? Au risque de vous décevoir, je dirais que c’est formidable de ne pas savoir ! " L’autre "  est principalement esprit et cet effacement du physique a un rôle égalisateur. Un sens nouveau du mot ‘partage’ se dessine, espoir dans ce monde tant critiqué et critiquable. Partager ce que l’on fait avec d’autres personnes, sans intérêt financier, uniquement pour le plaisir, voilà quelque chose de positif ! N’en déplaise aux éternels râleurs de tous poils, tout n’est pas négatif dans ce monde à la technologie sophistiquée. Sommes-nous en train de redécouvrir grâce à internet, la communication, l’échange des idées ? Exactement ce que nous avions perdu avec la télévision ! La question est posée et mérite que l’on y réfléchisse, mais excusez-moi, j’arrête mes divagations de philosophie de bistro, je clique et je retourne à mon village virtuel.

BOKAY

 

 

 

 

Par BOKAY
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Mercredi 21 septembre 2005 3 21 09 2005 00:00

 

  Dans les sous-sols de Mars N°1 (SF)

 

 Par le vaste hublot, Pavel regarde la planète rouge se rapprocher à grande vitesse. Les reliefs se dessinent sur un ciel noirâtre parsemé d'une multitude d'étoile. Jamais Pavel n'a rien vu d'aussi beau. Le spectacle est surréaliste. Manuellement, il dirige La lente décélération qui doit permettre au vaisseau Kornakov de se poser en douceur sur le sol martien. L’équipage est composé de cinq membres, des hommes, tous russes bien sûr. La tension est extrême et le silence absolu. Chaque équipier effectue la tâche qui lui est impartie avec une grande application. En ce début de vingt et unième siècle, c’est la première mission habitée vers Mars. Toute la Russie assiste en directe à l’événement, des téléprojecteurs géants ont été installés dans la plus part des grandes villes. Le monde entier attend le premier pas de l’homme sur Mars ! Plus de trente ans après qu’il ait posé le pied sur la lune.

Voilà du moins la version officielle, car la réalité est différente, une première mission habité a été envoyée sur la planète rouge il y a plus de trente ans ! Dans les années soixante dix, un vaisseau Soviétique se posa sur Mars après un voyage de six mois. Se posa ou s’écrasa, car le vaisseau devint muet au moment précis ou il toucha la planète rouge. Exception faite des techniciens et ingénieurs russes, personne ne sut rien de cet événement. Les Russes attendaient la réussite de l’opération pour annoncer au monde leur exploit. Malheureusement, ce fut un échec et on ne parla jamais plus de cette mission ni des trois hommes qui la composaient.

Pour Pavel, cet événement fut une tragédie car un des trois membres de l’équipage, Ivan, était son propre père, précisément lui, qui le premier devait poser le pied sur Mars. Est-ce cet événement qui décida Pavel à devenir cosmonaute et à suivre les traces de son père ? Probablement car il ambitionne d’être le premier homme à poser le pied sur Mars ! Je veux associer mon père à cet exploie, disait -il, c’est lui qui nous a ouvert la voie !

 

Pavel allume les rétrofusées, le vaisseau décélère brusquement et les hommes, surpris, se cognent contre les parois de l’habitacle. La zone ‘d’atterrissage’ se dessine nettement. L’endroit est plat, lisse et conforme à ce qu’avaient prévu les ingénieurs. Le vaisseau descend lentement, se stabilise à quelques mètres du sol et les rétrofusées soufflent un nuage de poussière rougeâtre noyant le vaisseau dans une quasi obscurité. Puis, un choc brutal et le vaisseau touche le sol. Les cinq cosmonautes éclatent de joie et s’embrassent, l'émotion est immense. Pavel pense à son père, disparu il y a plus de trente ans alors qu’il effectuait la même manœuvre. Mais le spectacle se fait attendre, les hublots ne laissent voir qu’un tourbillon de poussière opaque, rien du paysage martien. L'équipage établie la première liaison et dans quinze minutes, la terre recevra les images de l’ ‘atterrissage’, l’homme aura relevé un nouveau défi. Pavel rejoindra Neil Amstrong dans les livres d’histoire du monde entier. A présent, les hommes effectuent les analyses de précautions et établissent la liaison avec la terre. Pavel et leonov enfilent leurs combinaisons martiennes, leur mission est de sortir du vaisseau et de faire quelques pas sur la planète rouge. Pour la première fois depuis six mois, ils ressentent les effets de la pesanteur, Certes, ils pèsent moins que sur terre mais leurs muscles se sont atrophiés. leurs mouvements sont saccadés et imprécis. L’épaisse poussière s'est reposer sur le sol et les hommes découvrent progressivement le paysage martien. En premier, se sont les montagnes qui se profilent, arides, nues, sorties d’un décore irréel où l’homme n’est pas invité. Puis le soleil surprend, il est petit et positionné au-dessus d'une plaine caillouteuse qui semble ne jamais finir. Pavel et Leonov sont prêts, ils désactivent les différents verrous et poussent la lourde porte. Un escalier métallique d’une dizaine de marches se déploie et s’enfoncent de quelques centimètres dans le sol. Pavel descend le premier, un drapeau russe dans une main. Il pose le pied sur le sol, se retourne en direction de la caméra et salut la terre entière en agitant le drapeau russe. Puis il essaie quelques pas, sa lourde combinaison l’oblige à marcher par saccades, il sonde le sol afin d’y planter le drapeau qu’il agite fièrement. Après plusieurs tentatives, le piquet métallique s’enfonce dans le sol, le drapeau russe flotte sur Mars ! Puis, Pavel marche, d'un pas ésitant, doucement, Leonov le suit. Les deux hommes marchent côte à côte, ils sont les premiers humains à fouler cette planète et à contempler ce paysage surréaliste.

 

Voilà trois sols que le vaisseau Kornakov s’est posé sur la planète rouge. L’exploration de la zone environnante a commencée. Une des missions première est de localiser le vaisseau que l’Union Soviétique a envoyé dans les années soixante dix et qui probablement s’est écrasé au contacte du sol provoquant la mort des trois cosmonautes, dont Ivan, le père de Pavel. Aujourd’hui, Pavel et leonov se sont aventurés plus loin, ils sont sur le point de faire demi-tour lorsque leonov s’immobilise, comme pétrifié.

--- Pavel ! Dit-il, regarde !

Il tend son bras en direction d’un énorme rocher qui cache partiellement le vaisseau qu’ils recherchent.

--- Bon Dieu ! Mais c’est le vaisseau de mon père ! Dit Pavel en pressant le pas.

Le vaisseau est là, à une centaine de mètres, il est légèrement incliné sur le côté mais semble en parfait état. Les deux hommes s’approchent et en font le tour. Les battements du cœur de Pavel s’accélèrent, il imagine son père, là, mort dans ce vaisseau depuis plus de trente ans ! Et dans quel état va-t-il trouver son corps ? Leonov saisit la poignée de la porte et tire, au hasard, plus pas réflexe. Surprise ! La porte s’ouvre : elle n’est pas verrouillée de l’intérieur. Leonov avance doucement sa tête à l’intérieur du vaisseau.

--- Personne ! Il n’y a personne à l’intérieur, dit Leonov.

--- T’en est sûr ! Mais c’est impossible ! Dit Pavel en se précipitant dans le petit habitacle.

Pavel n’en croit pas ses yeux, personne, et où sont les cadavres ? Tout est propre et bien rangé. On a l’impression que les occupants viennent de quitter le vaisseau et vont revenir d’un moment à l’autre.

--- Ils ne sont pas morts lors de l’‘atterrissage’, dit Leonov! Non! Non seulement ils seraient encore à l’intérieur, mais en plus, la porte serait verrouillée !

--- Tu veux dire qu’ils sont morts sur Mars ? Dit Pavel en imaginant les souffrances de son père.

--- C'est sûr, dit Leonov, ils sont morts. Toute vie est impossible sur cette planète, température trop basse, très peu d’oxygène, pas de nourriture, pas d’eau liquide… Nous devons entreprendre des recherches, leurs corps est très certainement encore visibles. Mais pour l’heure, il faut rentrer au vaisseau, il nous reste une heure d’oxygène.

Pavel et leonov rendent compte de ce qu’ils ont vu à leurs trois coéquipiers. Au début, ceux-ci pensent à une farce et rient à gorge déployée, mais quand ils réalisent que les deux hommes disent la vérité, leurs visages deviennent graves et le commandant de vaisseau déclare prioritaire la recherche des trois corps.

 

Le lendemain, Pavel et leonov quittent le vaisseau de bonne heure, ils se sont fixé un périmètre à explorer. Les ordres sont formels, il faut absolument retrouver les corps et les faire disparaître. Chacun en connaît la raison : les corps de cosmonautes soviétiques ne doivent en aucun cas être retrouvés par les astronautes américains ! En effet, eux aussi doivent se poser sur la planète rouge dans quelques jours et à une dizaine de kilomètres seulement du vaisseau russe.

Pavel et leonov marchent côte à côte, le soleil se lève, tout petit entre deux montagnes aux sommets arrondies. La température extérieure est de moins quarante et le vent est presque inexistant. La recherche commence le long de falaises abruptes hautes de plus de cent mètres. Les cavités sont nombreuses et une visite minutieuse de chacune d’elle s’impose.

--- T’as vu ça ! Dit leonov en désignant une cavité, elle est immense !

Les deux hommes pénètrent ensemble dans ce qu’on peut appeler une vaste grotte. La cavité principale s’étend sur plus de deux cents mètres de long et quarante de large. Leurs torches puissantes mettent en évidence une multitude de cavités aux formes et dimensions variables.

--- Cette roche est un gruyère géant ! Dit Pavel, il faudrait plusieurs jours pour l’explorer.

--- Oui, si ton père et ses compagnons se sont réfugiés ici, ce ne sera pas facile de retrouver leurs corps, dit Leonov.

Pavel explore la grande salle et remarque qu’un conduit étroit, assez large pour permettre le passage d’une personne s’enfonce dans la roche. Il s’y engagent le premier, Leonov le suit. Après une vingtaine de mètres, Pavel heurte un objet léger, il dirige sa torche vers le sol et éclaire l’objet.

--- Leonov ! Regarde ça ! On dirait un appareil de mesure !

--- En effet, c’est un appareil de mesure qu’emportaient les cosmonautes dans les années soixante dix, dit Leonov.

--- Cela prouve qu’ils sont venus ici ! Dit Pavel, il faut continuer les recherches !

La galerie continue et descend, en forte pente à présent, elle est large par endroit, puis étroite et sinueuse plus loin. Jetant un coup d’œil sur son analyseur personnel, Pavel remarque que la température augmente à mesure qu’ils descendent et que le pourcentage d’oxygène augmente également, dans les mêmes proportions.

--- Tu comprends ça toi ? Demande Pavel à son compagnon.

--- Non, dit Leonov, je n’ai jamais eu connaissance de ce phénomène, je sais comme tout le monde que l’oxygène entre pour 0,3 pour cent dans l’atmosphère de Mars, mais j’ignorais que ce taux variait autant.

Après une centaine de mètres, les deux hommes s'arrêtent à nouveau et consultent les données de l'analyseur.

--- Regarde ! Le taux monte toujours, nous en sommes à 4 pour cent à présent ! Et la température est de +2° !

Les deux astronomes doute de la fiabilité de l’analyseur, mais celui de Leonov donne exactement les mêmes indications. La galerie descend toujours, elle est plus large à présent et d’autres galeries partent de chaques côtés. Leonov regarde encore une fois l'analyseur, celui-ci indique que le pourcentage d’oxygène et la température sont suffisants pour vivre sans combinaison et sans les bouteilles d’oxygène.

--- C’est incroyable ! Dit Leonov, qu’est-ce qu’on fait ? Et si on coupait notre oxygène, inutile de la gaspiller !

Pavel prend la décision, ils poursuivront l’exploration en respirant l’air ambiant. Après quelques minutes d’accoutumance, les deux hommes ont l’impression d’explorer une grotte de notre planète. Mais Pavel s’arrête brusquement, il éteint sa torche et demande à Leonov de faire de même.

--- Tu ne vois pas comme une petite lumière bleuté là-bas au loin ? Dit Pavel.

--- Bon dieu ! Faut aller voir, dit Leonov. Qu’est-ce que ça peut être ?

Les deux cosmonautes pressent le pas en direction de cette petite source lumineuse.

--- C'est inouï ! Dit Leonov, c’est une sorte de lichen ou de mousse ! Et elle est lumineuse !

--- Oui, mais tu as vu là-bas, dit Pavel, il en a d’autres et elles diffusent même une légère lumière.

Ivre de leur découverte, les deux hommes poursuivent leur exploration, les lichens sont de plus en plus dense, ils recouvrent des pans entiers de rochers et la lumière qu’ils diffusent éclaire les galeries.

--- Tu entends ? Dit leonov, on dirait de l’eau qui coule ? Je vais voir, tu m’attends ici ?

--- D’accord, dit Pavel, va voir, je t’attends.

Leonov part seul, guidé par le bruit. Il essaie différentes galeries, certaines sont sans issues, alors il revient sur ses pas et essaie une autre galerie. Soudain, le bruit devient plus net et s’intensifie. La petite galerie dans laquelle il se trouve débouche sur une immense salle. Il dirige sa torche en direction du bruit, écarquille ses yeux pour mieux voir: de l'eau ! Elle tombe en cascade! Afin d’en être certain, il s’approche... aucun doute, c’est de l’eau! Elle se déverse dans une cavité d’une vingtaine de mètres longs puis s’enfonce dans la roche. De chaque côté de la petite chute d’eau, le lichen est très épais et diffuse une intense lumière. Leonov regarde le spectacle, C'est impensable, se dit-il, il y a de l'eau sous la surface de Mars!

Mais l’eau qui tombe en cascade masque un autre bruit: des pas tout proches. Surpris, Leonov sursaute et se retourne. Ce qu’il voit dépasse l’imagination : Pavel ! Oui, c’est bien Pavel qui est devant lui, mais pas le Pavel qu’il vient de quitter, celui qui est devant lui ne porte pas de combinaison spatiale et est habillé de vêtements bizarres et vieillis. Pétrifié, Leonov regarde son compagnon, il le reconnaît à peine, il a l’impression que plusieurs années se sont écoulées en une fraction de seconde. Il se souvient des livres de science fiction de son enfance ou l’on parlait de voyages dans le temps. Cela existe donc ? Ou alors suis-je la proie d’hallucinations ? Peut-être une ivresse provoquée par un excès d’oxygène ?

--- Qui êtes-vous demande l’homme?

--- Mais enfin Pavel ! C’est moi, Leonov, tu ne me reconnais pas ?

Fin de la première partie.

 

 

Dans les sous-sols de Mars N°2 (SF)

 

 

--- Je ne suis pas Pavel, je m’appelle Ivan ? Dit l’homme ! Je suis ici depuis plus de trente ans.

--- Ivan ! Vous voulez dire que vous êtes Ivan, le père de Pavel ? Mais c’est impossible, vous seriez plus vieux ! Vous paraissez avoir le même âge que votre fils

--- Ah ça, c’est autre chose, je vous expliquerai. Alors ainsi, vous êtes revenu sur Mars ! Et vous êtes seul ?

--- Non, je suis avec Pavel, votre fils… Il est resté en arrière dans la grande galerie.

--- Comment? mon fils Pavel est avec vous? Quand je l'ai quitté, il avait trois ans. Tenez, regardez! J'ai toujours sa photo avec moi.

 

Inquiet de ne pas voir son ami revenir, Pavel s’aventure à son tour dans la galerie, guidé lui aussi par ce bruit de ruissellement. Il s'engage dans différentes galeries, espérant rencontrer son ami, puis poussé par la curiosité, il s'aventure toujours plus loin. Lorsqu’il se décide à faire demi-tour, il regarde les différents passages, ne sait lequel prendre; il réalise qu'il s'est égaré. Alors, il prend une forte respiration, place ses mains en porte-voix et crie de toutes ses forces : " Leonov " ! La voix de Pavel raisonne dans les galeries et renvoient des échos saccadés. Mais son compagnon ne répond pas! Pavel recommence, de toute la puissance de ses cordes vocales! A se faire mal! Puis, espérant une réponse, il retient sa respiration et tend l'oreille. Un silence inquiétant plombe les galeries. Il reste une dernière solution, il sort son téléphone cellulaire et essaie de contacter son ami. Mais des rochers de dizaines, voir de centaines de mètres d'épaisseur séparent les deux appareils. toute tentative est vaine! Pavel se sent piégé au centre d'un Labyrinthe géant où tout lui est étranger. Là, où les lichens diffusent une légère lumière, Pavel coupe sa torche, ses yeux se sont habitués à ce peu de clarté et il est inutile qu’il gaspille ses piles. Les galeries descendent continuellement et la température augmente, l'analyseur affiche 20°. Sur les rochers, la végétation se diversifie, à côté des lichens, poussent de petites fougères à la lumière turquoise. Pavel éclaire une large crevasse qui abrite une mousse brillante, lorsque sont attention est attirée par une forme ronde et blanche. La chose est posée en équilibre sur une fissure . Pavel tend la main et s'en saisit. C'est léger, régulier et de la grosseur d'une balle de tennis. Pavel regarde l'objet, le secoue, le soupèse, il semble fragile.

--- Mais c'est un œuf! Dit Pavel à voix haute.

Un œuf! ici, dans les entrailles de cette planète inhospitalière où l'on croyait toute forme de vie impossible! Mais quelque soit l'importance de la découverte, Pavel doit avant tout retrouver son compagnon, alors il lève le bras pour replacer l’œuf là où il était, monte sur une pierre, perd l'équilibre et glisse . Il se rattrape à la paroi rocheuse, mais lâche l’œuf qui tombe à terre et se brise.

 

--- Vous dites que Pavel est resté en arrière, seul? Demande Ivan.

--- Oui, il m'attend, dit Leonov, nous avons entendu un bruit de chute d'eau et je suis venu voir seul, Pavel m'attend dans la grande galerie.

--- Dans la grande galerie! Mais c'est de la folie! il n'y a pas une minute à perdre, il faut le retrouver avant que les "Vitris" ne s’aperçoivent de sa présence, ils vont le dévorer!

--- Les Vitris?

--- Oui, se sont de sales bestioles carnivores, il y en a une quantité par ici. Vous vous souvenez par où vous êtes venus?

Leonov revient sur ses pas accompagné d'Ivan. Après plusieurs tentatives, il retrouve l'endroit précis où Pavel et lui se sont séparés. Personne! Pavel n'est plus là.

Leonov revient sur ses pas accompagné d'Ivan. Après plusieurs tentatives, il retrouve l'endroit précis où Pavel et lui se sont séparés. Personne! Pavel n'est plus là.

--- Je ne comprends pas dit Leonov, il m'a dit qu'il m'attendait ici! Il est peut-être pas loin?

--- Ecoutez! Dit Ivan, vous entendez ses grincements? Ce sont des Vitris, ils cherchent de la nourriture.

--- Mais nous? Dit Leonov, ils ne vont pas nous attaquer?

--- Aucun risque avec ça! Dit Ivan, brandissant la torche qu'il tient dans sa main droite. Ces Bestioles ne supportent pas la lumière.

--- Alors, Pavel ne craint rien, dit Leonov, il a sa torche!

--- Si, dit Ivan, le problème, c'est que Pavel ignore que ces bestioles ne supportent pas la lumière.

--- Ca ressemble à quoi un Vitris? Demande Leonov.

--- Un peu à une mante religieuse ou à une sauterelle, mais ça mesure un mètre de haut et ça possède deux rangées de dents aussi coupantes que des couteaux. En plus, c'est laid, rose, presque blanc et ça bave sans arrêt. Ils sont d'une incroyable férocité, ils se mangent même entre eux... Je vous en dirai davantage plus tard, dans l'immédiat, il faut retrouver mon fils.

Leonov regarde la torche d'Ivan, elle éclaire à plus de cent mètres! Comment une torche dont les piles ont plus de trente ans peut encore fonctionner, se dit-il? Tout ça n'a pas de sens! Et Ivan qui semble du même âge que son fils! Mais les événements présents le ramènent vite à des considérations plus pratiques. La vie de Pavel est en danger, il faut le retrouver et vite!

Leonov regarde la torche d'Ivan, elle éclaire à plus de cent mètres! Comment une torche dont les piles ont plus de trente ans peut encore fonctionner, se dit-il? Tout ça n'a pas de sens! Et Ivan qui semble du même âge que son fils! Mais les événements présents le ramènent vite à des considérations plus pratiques. La vie de Pavel est en danger, il faut le retrouver et vite!

Leonov et Ivan explorent quelques galeries, mais pas la moindre trace de Pavel.

Leonov et Ivan explorent quelques galeries, mais pas la moindre trace de Pavel.

--- Il est probablement plus bas, dit Ivan. Peut-être à la "grande fosse"? C'est là que convergent de nombreuses galeries.

Les deux hommes empruntent un passage sinueux et étroit. L'un, de sa torche, balaie la parois de droite, l'autre celle de gauche. Des bouquets de lichen poussent le long de crevasses humides et diffusent une légère lumière. Des grincements de plus en plus forts se font entendre.

Les deux hommes empruntent un passage sinueux et étroit. L'un, de sa torche, balaie la parois de droite, l'autre celle de gauche. Des bouquets de lichen poussent le long de crevasses humides et diffusent une légère lumière. Des grincements de plus en plus forts se font entendre.

--- Vous entendez? Ce sont les Vitris, dit Ivan. Ils sont réunis dans "la grande fosse".

Ce bruit augmente d'intensité jusqu'à devenir insupportable. Leonov grimace, Ivan a dit " La grande fosse"! Comme ça, comme s'il s'agissait d'un lieu banal. Mais ce que voit Leonov ne peut être comparé à rien de ce qui existe sur terre: une fosse d'une centaine de mètres de diamètre, peut-être deux cent mètres de profondeur, dont le fond grouille de ces bestioles monstrueuses et hideuse qu'Ivan appelle des "Vitris". Dire qu'elles sont affreuses et horribles ne donne qu'une vague idée de la réalité. Ce n'est pas tant leur forme générale qui surprend, sortes de sauterelles géantes, mais l'impression que ces créatures sont génétiquement instables, elles semblent toutes difformes et dégagent une puanteur insoutenable. Les lichens qui tapissent les parois du gouffre donnent à ces créature une couleur verdâtres et luisante.

--- Cela ressemble à un gigantesque seau dont le fond grouille de larves, dit Leonov.

--- Bah! Moi, j'y fais plus attention, dit Ivan, je les côtoie depuis si longtemps...

Ivan et Leonov font le tour du gouffre, s'avancent de quelques mètres dans chaques passages ou galeries permettant le passage d'une personne. Ils crient: "Pavel"! Aussi fort qu'ils le peuvent, mais ne reçoivent aucune réponse. Leonov regarde sa montre.

--- Nos coéquipiers doivent se faire du souci pour nous, dit-il, à cette heure, nous devrions être de retour au vaisseau... Ah! s'ils savaient...

Ivan s'engage d'une vingtaine de mètres dans une étroite galerie, son oreille accoutumée aux faibles bruits l'avertit de la présence de Vitris. Mais ce bruit, Ivan le connaît, c'est celui que font les Vitris quand ils ont trouvé de la nourriture.

--- Leonov! Venez! Il se passe quelque chose d'anormal dans ce passage. Les Vitris ont peut-être repairé la présence de Pavel, il faut faire vite, très vite!

 

Pavel dirige sa torche vers le sol, en se brisant, l’œuf a libéré une forme grisâtre qui se meut avec lenteur. Mais le plus surprenant, c'est l'odeur infecte que dégage cet embryon. Une odeur si horrible que Pavel ne peut se retenir et vide le contenu de son estomac sur la roche poreuse et sur ses bottes. Puis, de ses gros gants il pince son nez et se baisse pour observer cette chose de près. Il distingue deux longues pattes et une tête en formation. Cette chose représente-t-elle un danger? Pavel n'en a aucune idée mais il la laisse là, à terre, et continue sa progression. " Faut que je remonte"! Se dit-il, je suis bien trop bas. Il trouve une galerie montante, s'y engage, mais s'arrête brusquement surpris par un bruit qu'il prend pour un grincement. " Merde! Se dit-il voilà que j'ai des hallucinations auditives". Mais les bruits reviennent, faibles au début, puis de plus en plus fort. Comme des centaines de portes qui grinceraient toutes en même temps. "Aucun doute! Se dit Pavel en dirigeant sa torche le plus loin possible, ces grincements proviennent du fond de la galerie". Après une courte hésitation, pressentant un quelconque danger, Pavel fait demi-tour. Il passe devant l'embryon, celui-ci bouge encore et il continue, aussi vite que le permet son imposante combinaison . Maintenant, les grincements sont tout proches, de plus en plus forts et nets. Pavel se retourne et dirige sa torche en direction des grincements. "Non! J'hallucine! c'est pas possible, maintenant je vois des bêtes monstrueuses, là agglutinées autour de l'embryon posé sur le sol"

--- Pavel! Pavel! Tu es là? Dit une voix dans la galerie.

Pavel réalise qu'il perd la raison, ce qu'il voit et entend ne sont qu'illusions, phénomènes bien connu des personnes parcourant les déserts.

Pavel! Pavel! Est-ce que tu m'entends?

Par réflexe, Pavel répond aux voix qu'il entend

--- Oui! Je suis là, c'est toi Leonov? Ou alors, j'entends de voix?

 

--- Il est là! Dit Leonov, il a répondu, mais il dit des trucs bizarres.

Ivan et Leonov dirigent leurs torches en direction de Pavel. Celui-ci les regarde, il semble effrayé et perdu. Leonov le saisit par le bras, tandis qu'Ivan fait fuir les Vitris avec sa torche.

--- Vient, Pavel! Faut pas rester ici, c'est dangereux, ces bestioles vont nous dévorer! Dit Leonov.

.

Pavel se retourne vers Ivan, le regarde et crie:

--- Leonov! Je deviens fou, maintenant je vois mon double, mon propre fantôme!

Fin du 2° épisode

 

 

 

 

 

 

Fin du 2° épisode

Leonov revient sur ses pas accompagné d'Ivan. Après plusieurs tentatives, il retrouve l'endroit précis où Pavel et lui se sont séparés. Personne! Pavel n'est plus là.Leonov regarde la torche d'Ivan, elle éclaire à plus de cent mètres! Comment une torche dont les piles ont plus de trente ans peut encore fonctionner, se dit-il? Tout ça n'a pas de sens! Et Ivan qui semble du même âge que son fils! Mais les événements présents le ramènent vite à des considérations plus pratiques. La vie de Pavel est en danger, il faut le retrouver et vite! Leonov et Ivan explorent quelques galeries, mais pas la moindre trace de Pavel. Les deux hommes empruntent un passage sinueux et étroit. L'un, de sa torche, balaie la parois de droite, l'autre celle de gauche. Des bouquets de lichen poussent le long de crevasses humides et diffusent une légère lumière. Des grincements de plus en plus forts se font entendre.. Fin du 2° épisode

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par BOKAY
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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 01 2007 22:16
     

La petite fleuriste


Tout engourdi par l’atmosphère surchauffée des salles de cours, je sors du lycée. Dehors, un vent glacial me fouette le visage. Je coince mon sac sous mon bras, enfouis mes mains dans les poches profondes de mon anorak et marche à vive allure.

Bon sang, qu’il fait froid ! Habituellement, des groupes de lycéens se forment devant le bahut, ça discute et fume. Aujourd’hui, le froid a eu raison des plus courageux. Moi, j’habite pas très loin, vingt minutes à pied et la marche ça réchauffe. Ah ! Une chose importante, aujourd’hui c’est l’anniversaire de maman.

Quarante ans ! Ca se fête ! Ma mère adore les fleurs, surtout les roses.

Chaques jours, je passe devant une boutique de fleurs qui se trouve sur ma route. Je n’y prête pas grande attention, mais aujourd’hui, je pousse la porte.

La boutique est petite, peu chauffée et les fleurs dégagent un parfum envoûtant. Curieusement, les plantes se serrent les unes contre les autres, comme si elles avaient froid. Un gros transistor posé sur le coin de la caisse laisse échapper une musique douce.

Personne. Un bruit de feuilles venant du fond du magasin, rompt le calme relatif, je me retourne.

C’est la fleuriste qui se fraie un passage dans cette espèce de jungle reconstituée. Elle est petite et menue dans son tablier vert, sa chevelure noir retombe en ondulation harmonieuse sur le col de son chemisier. Je la trouve jolie, les traits de son visage sont finement dessinés.

--- Bonjour Monsieur ! Vous désirez ?

--- Vous avez des roses ? Des rouges, Mademoiselle ?

--- Elles sont ici, dit-elle en pointant le doigt en direction d’un seau rempli de roses.

--- Vous m’en mettrez une vingtaine s’il vous plaît !

Elle se penche en avant et les saisit une à une avec précaution. Je la regarde sans rien dire, le silence s’installe peu à peu puis fini par prendre possession des lieux. De ses mains fines et adroites, elle serre un ruban doré autour des tiges épineuses, le papier transparent craque et grince sous la pression. J’ai la chaire de poule.

--- J’ajoute une inscription ? me demande-t-elle.

--- Oui, si vous avez : « Bon Anniversaire ?… » C’est pour ma mère.

Le bouquet terminé, elle le pose sur le bord de la longue table et ose un timide sourire.

Je règle mon achat et rentre à la maison…Ma mère est ravie.


Deux fois par jour, pour aller au lycée, je passe devant cette boutique de fleurs et, sans raison particulière, je regarde à l’intérieur du magasin. Par curiosité, comme ça, mais sans jamais apercevoir la fleuriste.

Aujourd’hui par contre, impossible de la manquer, une raclette à la main, elle essuie la buée qui s’est déposée sur la vitrine. Je lève la tête, la regarde et lui envois un léger sourire en guise de bonjour. Elle se tourne vers moi, ses yeux presque noirs rencontrent les miens.

Les jours suivant, en passant, je jette un œil à l’intérieur de la boutique, mais je ne vois plus la petite fleuriste. Serait-elle partie ? Malade ? A-t-elle pris un autre travail ? J’ai envie de la revoir, elle ne me déplaît pas du tout.

Un soir, je me décide, je pousse la porte du magasin.

Une musique techno a remplacé la douce mélodie.

--- Vous désirez ?

Une jeune fille plutôt ronde, maquillée de façon criarde, se plante devant moi, les mains enfouies dans la poche ventrale de son tablier.

--- Vous êtes nouvelle ? Dis-je, la petite jeune fille brune n’est pas là ?

--- Oui, je suis nouvelle, je remplace Laetitia ?

--- Ah ! Je ne connais pas son nom, dis-je. Je passe chaque jour devant votre boutique, je lui dis : « Bonjour ! » Elle me répond et c’est tout, rien de plus. Elle fait partie de mon décor, comme la rue, les voitures…

--- Laetitia est absente depuis trois semaines, dit la fleuriste. Mais… Je crois qu’elle devrait passer …

La porte de derrière s’ouvre brutalement, une femme, la cinquantaine, coquettement vêtue fait irruption dans le magasin.

--- Lucie ! Combien de fois devrais-je vous répéter de ne pas mettre votre musique aussi fort ! Dit la femme. Les clients ne sont pas obligés de supporter votre musique ! Encore, si on peut appeler cela de la musique ! Allez me déballer les cartons de gerbera, je m’occupe de monsieur !

La patronne arrive mal, juste à l’instant où j’allais en apprendre davantage sur la petite fleuriste. Pour garder la face, je prends un air naturel et lui commande quelques roses. Je règle et me prépare à partir quand la porte de la boutique s’ouvre.

--- Quelle surprise ! Comment allez-vous Laetitia ? Demande la patronne, vous n’êtes pas trop fatiguée ?

Emmitouflée dans une épaisse parka rouge, la petite fleuriste passe devant moi. Et toujours ce léger sourire accompagné d’un mouvement de la tête en guise de bonjour. Afin de profiter de la conversation, je fais semblant m’intéresser aux compositions florales sur les étagères.

--- C’était moins dur que la fois précédente, Madame, mais je dois retourner la semaine prochaine.

--- Ah ! J’ai hâte de vous voir à nouveau au magasin, vous me manquez terriblement !

--- Si tout va bien, je pourrai reprendre mon travaille après Pâques, dit Laetitia.

--- Mais ! Bien sûr que tout ira bien, dit la patronne, à votre âge tout s’arrange !

Alors que la conversation devient intéressante, un jeune couple pousse la porte du magasin, obligeant la patronne à interrompre la discussion. N’ayant plus rien à apprendre, je sors de la boutique.

Un vent glacé balaie papiers et autres lambeaux de plastiques. La nuit est déjà tombée, les premières étoiles s’allument au-dessus des immeubles. Accrochés à la nuit, des néons multicolores scintillent et brillent dans une demi-obscurité. Je reste quelques secondes devant la vitrine à méditer sur ce que je viens d’entendre.

Laetitia ! Ainsi, elle s’appelle Laetitia la petite fleuriste ! Les quelques phrases que j’ai entendues ont aiguisé ma curiosité. Un problème de santé serait donc à l’origine de son absence !


Aujourd’hui c’est dimanche, le temps a changé. Après le froid intense de ces derniers jours, la neige s’est mise à tomber. Une couche de dix centimètres recouvre le petit square en face de chez moi. C’est joli, j’aime bien Paris sous la neige. Les enfants aussi adorent, ils se sont divisés en deux camps et s’affrontent à coup de boules de neige. Moi, je me couvre bien et je vais chez mon ami Arnaud, il tient à me montrer sa dernière acquisition, un ordinateur hyperpuissant et pratiquement introuvable en France, dit-il. Arnaud est une sorte de génie de l’informatique, tout son temps libre et son argent passent dans l’équipement de ses ordinateurs.

Pour gagner du temps, je décide de couper par le cimetière. Je prends plaisir à écouter le craquement de la neige sous mes pieds et à maculer la longue allée blanche. Certaines personnes évitent de traverser le cimetière, sous prétexte que c’est triste. Moi, j’adore, c’est reposant et calme.

J’arrive au milieu du cimetière, mes yeux se promènent au hasard de tombe en stèle lorsqu’une personne vêtue de rouge attire mon regard.

Laetitia ! Mais oui, c’est Laetitia, là devant moi à environ une centaine de mètres. Elle est plantée toute droite devant une tombe, tête baissée, les mains dans ses poches. Elle vient de perdre un proche, me dis-je. Elle regarde autour d’elle, m’aperçoit, semble surprise et part aussitôt. Arrivé à hauteur de la tombe devant laquelle elle se trouvait, machinalement je regarde. La pierre tombale et la stèle sont toutes neuves, aucune inscription et pas la moindre fleur. Apparemment, il n’y a personne d’enterré sous cette dalle. Alors pourquoi vient-elle se recueillir sur une tombe vide ? C’est insensé. Je poursuis à allure constante, mais pour ne pas se faire rattraper, elle presse le pas. Elle accélère encore et la distance entre elle et moi ne cesse d’augmenter.

Soudain, alors qu’elle marche à vive allure au milieu de l’allée, elle se met à zigzaguer. Elle se plante quelques secondes au milieu de l’allée puis se dirige péniblement vers la tombe la plus proche en titubant et s’assoit sur le muret sans même dégager la neige. Surpris, j’accélère mon allure et la rejoins.

--- Ca va pas, Mademoiselle ? Un problème ?

Elle ne me répond pas de suite, mais lève la tête et prend de profondes inspirations, comme un coureur après la course.

--- Si ! Si ! Ca va aller dit-elle, il faut simplement que je me repose un peu.

--- Mais vous ne pouvez pas rester ici, par ce froid ! Dis-je.

Puis, feignant de ne pas l’avoir reconnu, j’ajoute :

--- Vous n’êtes pas la fleuriste…

J’arrête net ma phrase, elle pâlit et s’affaisse sur le muret.

--- Eh ! Faut pas rester comme ça !

Je sors mon portable et appelle le SAMU.

En attendant, je m’efforce de la maintenir éveillée, je lui parle sans arrêt et lui donne de petites claques sur les joues. Son état n’empire pas, elle me répond faiblement mais semble extrêmement fatiguée. Le SAMU arrive.

J’arpente le long couloir et je passe pour la centième fois devant une reproduction des «coquelicots » de Monet. Ensuite, je reprends ma place près de ce ficus benjamini à moitié effeuillée, je me saisis d’une revue tout écornée et tourne les pages comme un automate.

Plus d’une heure que j’attends et personne pour me donner des nouvelles de Laetitia. Je ne sais même pas ce qu’elle a.

--- Il y a quelqu’un pour la jeune fille du SAMU ? Dit à voix haute une femme en blouse blanche.

--- Oui, dis-je, c’est moi qui ai appelé les secours.

--- Elle est chambre 27 au deuxième. Le médecin va passer.

Je frappe doucement et sans attendre de réponse, tourne la poignée de porte.

--- Je ne sais comment vous remercier, dit la jeune femme. Asseyez-vous.

Je rapproche une chaise près de son lit, elle se retourne vers moi et, d’une voix calme et douce, elle m’explique sa maladie. Ce dont elle souffre est simple à résumer, elle est atteinte d’une insuffisance rénale. Un seul de ses reins fonctionne, et encore, très mal. Bientôt, il ne fonctionnera plus du tout. Pour compenser , elle se fait dialyser chaque semaine. Une solution existe, c’est la greffe. Mais les obstacles sont nombreux, et le plus difficile est de trouver un donneur compatible. Elle dit que cela peut arriver très vite ou demander des années. J’apprends qu’elle est inscrite sur un fichier informatique et qu’il n’y a rien d’autre à faire sinon attendre et espérer. Je lui parle de ma vie, de mes études et, comme elle doit rester à l’hôpital trois ou quatre jours, je lui promets de venir la voir demain.


Arnaud s’est payé un matériel d’enfer ! Sa dernière prouesse : casser le code d’accès d’une banque ! Tous les décomptes des clients de la banque défilent sous mes yeux. Je n’en reviens pas ! Il me montre des trucs insensés, des sommes colossales qui passent d’un compte à un autre. Et à la ligne suivante, des personnes qui ne perçoivent que quelques centaines d’euros par mois, et en plus la banque qui se sucre sur leurs dos avec des frais et des agios Je trouve cela honteux! Et personne ne dit rien, c’est la loi du plus fort et ça me révolte. Je raconte à Arnaud ce qui m’est arrivé avec la petite fleuriste et le problème pour elle de trouver un rein compatible. Arnaud réfléchit.

--- Tu veux un rein ? Rien de plus simple, tu me donnes les renseignements de compatibilité et je t’en trouve un.

--- Non ! T’es sérieux ! Dis-je.


Le lendemain, je retourne à l’hôpital, mais avec Arnaud. Il m’a dit : « Je veux voir à quoi elle ressemble cette meuf ».

Laetitia est assise dans son lit, un magasine féminin sur ses genoux. Comme je ne voulais pas arriver avec des fleurs, j’ai trouvé un petit foulard dans une boutique près de chez moi.

--- Fallait pas, dit-elle… Puis elle ajoute : c’est gentil !

Je lui présente Arnaud en précisant qu’elle a devant elle un as de l’informatique. Arnaud fait le type gêné, mais je le connais, intérieurement il jubile. On parle de choses et d’autres, de chansons et surtout de cinéma. Je me rends compte qu’Arnaud et Laetitia sont cinéphiles tous les deux.

Je les laisse poursuivre leur conversation, prétextant un devoir de philo à terminer. Je ne suis pas mécontent de moi, j’ai donné un peu de mon temps à cette fille, je me suis rendu utile et j’en retire une certaine fierté. Je rentre chez moi en passant par le cimetière. La neige fond et se transforme en une espèce de gadoue. J’ai les pieds trempés. Passant devant la tombe sans inscription, la même question refait surface : « Qu’est-ce qu’elle peut bien faire devant une tombe vide » ? Je n’ai pas de réponse et cela me gêne de lui demander.

Cette semaine, c’est les vacances de février et j’en profite pour réviser. Je prends des nouvelles de Laetitia par téléphone, elle est rentrée chez elle et se repose. Je n’ai pas de nouvelle d’Arnaud, j’ai voulu l’appeler sur son portable, mais je n’ai eu que la messagerie. Comme je passe devant chez lui, je monte jusqu’à son appart. Sa mère m’ouvre, elle me dit que son fils l’inquiète, qu’il est bizarre en ce moment, il a passé la moitié de la nuit à consulter des sites de greffes d’organe.

J’allais lui raconter l’histoire de Laetitia et son problème de rein, mais comme il n’a rien dit à sa mère, je préfère me taire.

Je quitte la mère d’Arnaud assez contrarié, il est mon meilleur copain, qu’est-ce qu’il lui arrive ? L’univers d’Arnaud se résume à deux choses : l’informatique et les études.

A tout hasard, je passe au petit café où nous avons l’habitude de nous retrouver, Arnaud, moi, et quelques autres. Je me sens bien ici, les patrons sont sympa. Dommage, parfois ça pue un peu trop la clope, mais bon !

J’ai même pas le temps de faire le tour de la salle des yeux qu’on m’interpelle. C’est Arnaud, il est assis à une petite table. Laetitia est à côté de lui, ou plutôt contre lui, dans ses bras. Je les salue tous les deux et les félicite de les voir ensemble.

--- j’étais inquiet, dis-je, Comme j’arrivais pas à te joindre, je suis passé chez toi ! T’as mère s’inquiète aussi.

--- Je me démène pour trouver un rein, dit Arnaud, c’est plus difficile que je ne l’avais imaginé car le groupe sanguin de Laetitia est rare. J’ai surfé presque toute la nuit sans résultat, ça fait chi…er ! Il faut faire vite, le rein de Laetitia continue à se détériorer !

J’écoute Arnaud avec beaucoup d’étonnement, jamais je n’aurais imaginé qu’il puisse tenir de tels propos.

Laetitia serait donc responsable de ce spectaculaire changement ? La façon dont il la regarde suffit à dissiper mes derniers doutes. Ca me fait tout drôle de voir Arnaud amoureux ! Ah, si sa mère le voyait…

Trois mois ont passé, Arnaud et Laetitia ne se quittent plus, mais le temps devient une denrée extrêmement précieuse, l’unique rein de Laetitia ne fonctionne pratiquement plus, elle ne survit que grâce à la dialyse. Arnaud est désespéré, impossible de trouver un rein compatible sur le net.


Lundi matin. Mon portable sonne alors que je suis encore dans ma salle de bain. Je maudis ce petit bijou technologique mais néanmoins, je prends.

--- Allô ! C’est Laetitia. Tu peux pas savoir comme je suis heureuse, on a trouvé un rein ! L’opération à lieu ce matin même ! Tu te rends compte ? Quand je pense que je me suis acheté une place au cimetière et qu’elle est prête à me recevoir ! Tant pis, elle attendra. Le pire, c’est que je ne peux pas prévenir Arnaud, il est parti en Grèce ; une croisière qu’il a gagnée à un concours. C’est dommage, qu’est-ce qu’il serait content. Si tu arrives à le joindre, surtout annonce-lui la bonne nouvelle.

Cet appel me comble de bonheur, Laetitia va enfin pouvoir vivre comme toutes les jeunes filles de son âge. C’est un grand jour !

Mais Arnaud ? Qu’est-ce qu’il fout en croisière, à un mois du bac ? Décidément, l’amour lui fait perdre la raison !

Mes cours terminés, je file à l’hôpital prendre des nouvelles de Laetitia. Je suis un peu déçu car on ne me laisse pas entrer dans sa chambre. C’est à cause des microbes, me dit l’infirmière. Le médecin est rassurant, il me dit que la transplantation s’est déroulée dans les meilleurs conditions, mais il ajoute aussitôt : « Maintenant, il faut attendre pour voir si elle ne fait pas de rejet ».

Arnaud ne se manifeste pas, je trouve qu’il exagère. Il pourrait au moins se donner la peine de passer un coup de fil à Laetitia ! Même ses parents ne savent pas où il est ! Son ingratitude me surprend.

Le lendemain, je passe à l’hôpital. Je suis tellement bouleversé par ce qui arrive à Laetitia que je me trompe d’étage, j’ouvre une porte : c’est pas Laetitia. J’en ouvre une seconde : pas elle non plus. Une troisième…

--- Non ! Arnaud ? Mais, qu’est-ce que tu fais là ? T’es malade ?

Arnaud se relève doucement et rabat le drap au niveau du ventre. Un gros pansement recouvre une partie du côté gauche, juste au niveau du rein.

Je comprends de suite la situation, mais j’en ai le souffle coupé.

--- C’est donc ça ta croisière en Grèce !

--- C’est ça, dit Arnaud, mais tu me promets de ne rien dire à personne. Il ne faut pas que Laetitia apprenne que c’est moi le donneur, surtout en ce moment, pendant la période de rejet… Tu as vu Laetitia ? Comment va-t-elle ?

Arnaud me parle beaucoup, cette décision l’a enfermé dans une grande solitude et l’a obligé à mentir. Ma venue n’était pas prévue, mais se confier à moi lui fait le plus grand bien. J’ai l’impression qu’il évacue un trop plein d’émotions, d’incertitudes et de doutes…Je le rassure, je lui dis qu’il a pris une décision courageuse, que ce qu’il a fait est admirable.

--- Je l’aime tant ! Dit-il. Dès que j’ai su que mes tissus étaient compatibles, je n’ai pas hésité, pas une seconde. Tu peux pas savoir comme je suis heureux. Ah, une chose il faudrait que tu dises à Laetitia et à mes parents que tu as eu de mes nouvelles et que tout va bien, Les pauvres, ils doivent se faire un sang d’encre.


Septembre. L’été se prolonge, il fait très beau, nous sommes tous les trois à la terrasse d’un café. Laetitia s’est bien rétablie, elle parle même de reprendre son travail de fleuriste. Arnaud a réussi son bac, il s’est inscrit en fac de médecine et moi en fac de lettre. Jusqu’à présent, le suis le seul à connaître le secret d’Arnaud. Il a dit qu’il s’était fait opérer en Grèce à la suite de fortes douleurs intestinales.

Je saisis ma bière, elle est fraîche ; le trottoir déverse une foule bruyante et multicolore. Laetitia et Arnaud ne me voient pas, ils ne voient personne, ils s’embrassent et rient d’un rien. Est-ce cela le bonheur ?

BOKAY

M


Par BOKAY
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Mercredi 1 août 2007 3 01 08 2007 10:04

      

Existe-t-il une vie extra-terrestre ? (4 pages)

La question se pose depuis les temps les plus reculés, chacun a son opinion et je vais m’efforcer de vous faire partager mes interrogations.

Je vais essayer d’être le plus objectif possible et de m’appuyer sur des connaissances acceptées par une majorité de scientifiques.

Pour des raisons pratiques, je traiterai le sujet sous la forme de questions- réponses, je pense que se sera plus simple.

 

 

 

Il est important, même si cela est rébarbatif, de donner quelques chiffres sur l’univers qui nous entoure.

 

Notre galaxie (la voie lactée) compte une centaine de millions d’étoiles,

Notre univers, une à plusieurs centaines de milliards de galaxies.

 

La vie Existe-t-elle sur d’autres planètes dans le système solaire ?

 

C’est une question d’actualité, à l’heure actuelle, deux robots se déplacent sur Mars à la recherche d’éléments de réponses. Il est possible qu’une forme de vie se soit développée sur cette planète quand l’eau y coulait, il pourrait même en subsister des traces, mais à ce jour nous ne connaissons aucune autre forme de vie dans notre système solaire. Quelques doutes subsistent encore sur une possibilité de vie sous la couche de glace qui recouvre la planète Europe, mais il faut bien dire que les chances sont minimes. Certains pensent aussi que la planète Titan, pourrait abriter une forme de vie, mais cela est à prendre avec beaucoup de précautions

 

Existe-t-il des planètes autour des autres étoiles de notre galaxie ?

 

 

Oui, nous avons à ce jour détecté environ 150 planètes autour des étoiles les plus proches de nous. On les appelle des exoplanètes. Elles sont très grosses, formées de gas et par conséquent inapte à recevoir la vie telle que nous la connaissons sur terre. Celles de la taille de la terre ne sont pas détectables avec les instruments dont nous disposons aujourd’hui. Néanmoins, en extrapolant les résultats des premières recherches, on peut estimer que leur nombre est très important. Une centaine de million (soit une moyenne d’une par étoile, semble raisonnable).

 

Combien y a-t-il de galaxie dans l’univers ?

 

On estime de une à plusieurs centaines de milliards le nombre de galaxie de l’univers.

 

Pour quelle raison suppose-t-on que la vie a toutes les chances d’exister sur d’autres planètes ?

 

D’une part parce que nous constatons partout dans l’univers la présence d’éléments chimiques identiques à ceux qui sont à l’origine de la vie sur terre. Et d’autre part parce que la vie tel qu’elle existe sur notre planète fait preuve d’une extraordinaire capacité d’adaptation et de résistance.

 

 

Combien de planètes sont susceptibles d’abriter une forme de vie, même très primitive d’une complexité équivalente aux bactéries ou virus que nous connaissons sur terre ?

 

Il faut entrer dans le domaine des suppositions et pour garder une crédibilité préférer une fourchette basse.

 

Supposons donc qu’une forme de vie primitive se soit développée sur une planète sur un million.

Cela ferait donc 1OO planètes pour notre galaxie et supposons que seulement une abrite une forme de vie complexe. Vous trouvez que c’est peu ? Alors multipliez par le nombre de galaxies présentes dans l’univers minimum 100 milliards !

 

Alors pour quelle raison n’a-t-on jamais vu de créatures extra-terrestre ?

 

Je vois à cela deux raisons principales :

 

L’espace et le temps.

L’espace

Dès que nous quittons notre système solaire, les distances sont si grandes qu’on les mesure en année lumière. C’est à dire la distance parcourue par la lumière en une année. La distance terre-lune est de une seconde d’année lumière.

Supposons un vaisseau spatial soit capable de se déplacer à la vitesse de la lumière, il lui faudrait quatre ans et demi pour atteindre l’étoile la plus proche de nous ! ( et 2 millions d’années pour atteindre la galaxie la plus proche !) Mais il est plus que probable que jamais nous n’atteignons cette vitesse car à la vitesse de la lumière, la matière se transforme en énergie. Et si malgré tout on réussissait à vaincre cette barrière, une autre se présenterait : Le temps d’accélération et de décélération ne pouvant être supérieur à ce qu’un organisme humain est capable de supporter, le voyage serait très long.

Autrement dit, mieux vaut y renoncer.

 

Le temps

 

Imaginons qu’une civilisation très avancée d’un autre système solaire soit parvenu à une maîtrise technologique tel qu’elle puisse nous rendre visite (pourquoi pas ). Sachant que notre terre est âgée de cinq milliards d’années et que l’homme possédant une intelligence comparable à la notre n’a que 1O ou 15 000 ans, notre fameux visiteur a 99,99 chances sur 100 d’arriver sur notre planète alors que nous n’existons pas encore.

 

Sous quelle forme la vie peut-elle apparaître sur d’autres planètes ?

 

En prenant pour exemple les organismes vivant existant ou ayant existé sur la terre, on peut presque dire que toutes les fantaisies sont permises. Pour s’en convaincre, il suffit de s’intéresser à la vie de la faune et de la flore qui évolue autour des sources chaudes des grandes profondeurs marines ou de songer aux dinosaures. Certaines bactéries se développent à merveille à une température de 100 degrés et plus ! D’autres ne sont nullement dérangées par des températures extrêmement basses que nous ne rencontrons pas sur notre planète.

 

Et une intelligence artificielle extra-terrestre et elle possible?

 

L’extraordinaire développement de l’informatique de la robotique et de l’intelligence artificielle de ces dernières décennies forment une base de réflexion de la plus haute importance.

L’extraordinaire développement de l’informatique de la robotique et de l’intelligence artificielle de ces dernières décennies forment une base de réflexion de la plus haute importance.

Pour ma part, mais cela n’engage que moi, je suis convaincu que dans quelques générations, l’intelligence des robots va rattraper puis dépasser l’intelligence de l’homme dans tous les domaines.

Alors pourquoi d’autres créatures intelligentes ne seraient-elle pas capables d’inventer une forme d’intelligence artificielle puisque nous, nous admettons que nous sommes capable de le faire.

Et, partant de là on peut aussi imaginer que ces formes d’intelligence artificielles survivent aux organismes biologiques qui les ont créés.

 

Existe-t-il d’autres univers ?

 

Là, je me contenterai de poser la question sans tenter d’y répondre car les grands spécialistes de notre temps y réfléchissent mais ? ? ? ? ? 

 

J’ai entendu certains spécialistes dire que le nombre d’univers serait infini.

 

Y aura-t-il naissance d’un autre univers après la mort de celui-ci ?

 

Désolé de ne pouvoir répondre, là encore les avis des plus grands spécialistes divergent. Certains pensent que l’univers se forme puis meurt éternellement, qu’il a toujours existé et qu’il existera toujours, d’autres pensent qu’il n’y a qu’un seul univers.

 

 

Et Dieu,(pour ceux qui acceptent son existence), n’est-il pas aussi un extra-terrestre, puisque par définition il se trouve hors de la terre ?

 

 

A ce niveau, le sujet devient épineux, pour ne pas dire polémique, mais je ne serais pas honnête avec ceux qui me lisent si je l’esquivais.

L’extraordinaire développement de l’informatique de la robotique et de l’intelligence artificielle de ces dernières décennies forment une base de réflexion de la plus haute importance.

 

L’extraordinaire développement de l’informatique de la robotique et de l’intelligence artificielle de ces dernières décennies forment une base de réflexion de la plus haute importance.

En premier, qui est de Dieu :

Est-il le créateur de notre Terre ? De notre galaxie ? de notre

Univers ? De tous les univers ?

Posons –nous aussi la question suivante : Où se trouvait Dieu avant le

Big bang, puisse qu’il n’y avait ni espace, ni temps ?

 

En ce qui me concerne, vous l’avez deviné et je n’ai pas à m’en cacher,

je ne crois pas en l’existence d’un dieu. Pour moi ce n’est pas Dieu qui a créé l’homme, mais l’homme qui a créé Dieu.

 

Et notre âme ? Existe-t-elle ? Meurt-elle ? Où est-elle dans l’univers ?

 

Permettez-moi d’exprimer un avis personnel qui n’engage que moi et j’accepte parfaitement que votre avis soit contraire au miens, car dans ce domaine on s’appuie d’avantage sur les religions que sur la science.

Mon avis c’est que l’âme est une création de l’homme, c’est l’homme qui l’a fait exister. Nos pensées, notre mémoire, notre état psychique ne sont que le résultat du travail de cette extraordinaire usine chimique et électrique qu’est notre cerveau. Il n’y a rien d’autre, mais c’est déjà énorme.

Mais si vous ne partagez pas mon avis, il est inutile que je vous donne des tonnes de preuves, cela ne servirait à rien et sans vous donner raison, je dirais qu’il est bont que chacun ait sa propre façon de penser.

 

Voilà, j’en ai terminé, j’espère que vous n’allez par sauter sur votre tube d’aspirine !

 

Permettez-moi d’exprimer un avis personnel qui n’engage que moi et j’accepte parfaitement que votre avis soit contraire au miens, car dans ce domaine on s’appuie d’avantage sur les religions que sur la science.

Ca fait quand même chauffer les neurones !

 

N’hésitez pas à donner votre avis, à me corriger, me critiquer, c’est un sujet passionnant !

 

BOKAY

 

Permettez-moi d’exprimer un avis personnel qui n’engage que moi et j’accepte parfaitement que votre avis soit contraire au miens, car dans ce domaine on s’appuie d’avantage sur les religions que sur la science.

 

Par BOKAY
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Mardi 28 août 2007 2 28 08 2007 10:40


Double vieN° 9 (la piscine)


Une semaine s'est écoulée depuis la décès de Serine. Le plus dûr a été la cérémonie funèbre. Il y avait peu de monde, Max, son mari, n'a pas eu l'autorisation d'assister à l'enterrement. l'assassina de Sérine m'a fuchu un coup terrible! Comme si on m'avait arraché une partie de moi-même! Heureusement, Myriam est là! Elle me soutient du mieux qu'elle peut, et surtout, elle me secoue. J'ai ce terrible penchant à me laisser aller lorsque les choses vont mal et de me complaire dans ma peine. Mais avec Myriam, pas question! Son dynamisme remue et secoue tout ce qui gravit autour d'elle.

C'est pas mon habitude de faire des cadeaux, mais pour remercier Myriam, je lui achette un petit truc: un T-shirt que j'ai repairé rue de Rivoli. Le soir, je rentre à mon appart, mon petit cadeau sous le bras. Myriam est là, elle m'ouvre la porte et sans même prêter attention au paquet paquet que je tiens, elle me saute au cou.

--- Tu peux pas savoir comme je suis heureuse! Dit-elle. C'est formidable!

Moi, je reste perplexe! Elle n'a donc jamais reçu de cadeau? et elle continue:

--- Oui, c'est formidable! j'ai une nouvelle extraordinaire, hypersuper à t'annoncer!

--- Eh ben! Dis... Si c'est si bien que ça!

--- Ma mère a viré ce fainéant, ce salop de Loïc! C'est pas une bonne nouvelle?

--- Si, si! Dis-je, c'est une bonne nouvelle, mais je ne me sens pas vraiment concerné, ce Loïc, moi je ne le connaissais pas.

--- Puisque je te dis que c'est une ordure! Ce salop, il voulait me sauter, mais plutôt crever que de coucher avec l'ami de ma mère! Et en plus, c'était un fainéant de la pire espèce... C'est pour moi?

--- Oui, j'ai trouvé cette petite chose, regarde, si ça te plaît pas, j'irai le changer...

--- Whoua! C'est super! T'as bon goût! Je vais le passer.

C'est vrai que ça lui va bien, elle est ravissante! Ce n'est qu'une petite chose, mais visiblement, ça lui fait plaisir!

--- Demain, moi aussi, je te fais une surprise, dit Myriam.

--- Ah, et c'est quoi? dis-je.

--- Idiot! Si je te le dis, ce ne sera plus une surprise! juste une précision, faut pas te lever tard.

Bien que ce soit dimanche, je me lève assez tôt, surprise oblige. Myriam vient me retrouver dans la cuisine et nous déjeunons ensemble.

--- Maintenant que Loïc est parti de chez vous, qu'est-ce que tu vas décider? Tu retournes vivre avec ta mère ou tu...

--- Eh! T'en as marre de moi, toi aussi tu veux me virer?

--- Non Myriam, je ne dis pas ça pour que tu partes, c'est tout le contraire, c'est parce que j'ai peur que tu partes. j'ai pas envie de me retrouver tout seul chaque soir.

--- T'as qu'à te trouver une femme... Oh excuse-moi, ça m'a échappé, j'avais déjà oublié.

--- C'est pas grave... Et ta surprise!

--- Ce matin, je vais à la piscine, dit Myriam et tu viens avec moi. Tu m'as bien dit que tu adorais nager?

--- Oui, c'est possible, en tout cas j'aime la piscine mais en ce moment, j'ai pas trop le goût.

--- Justement, dit Myriam, ça va te changer les idées.

Pour faire plaisir à Myriam, je l'accompagne à la piscine. Nous arrivons les premiers, le bassin pour nous deux.

--- Aller! Vient! On va voir si t'es en forme, dit-elle.

--- Ca m'étonnerais que tu me battes, dis-je. Tiens! Si tu arrive avant moi, je te paie la pizzeria à midi! OK?

Je me donne à fond mais le manque d'exercice se fait sentir et je vois Myriam qui me prend un mètre, puis deux! Je suis un peu déçu, mais malgré la cuissante défaite, j'ai l'impression d'avoir rajeuni de quinze ans.

--- Alors t'es rouillé? faut venir plus souvent! Dit Myriam.

Nous sortons de l'eau, je me dirige vers le plongeoire et Myriam me suit.

--- Bouge pas, fait voir! dit-elle. T'as une tache marron sur la hanche! exactement comme moi et au même endroit!

--- Certainement que ta mère en a une aussi, dis-je.

--- Non, elle n'en a pas!

--- Alors, c'est ton père, en général, ces trucs c'est héréditaires, et on est pas les seuls, il y a une quantité de gens qui ont des taches sur la peau.

--- Mon père, je le connais pas! Comment veux-tu que je sache? Elle m'a juste dit, une fois qu'elle était en colère:" pas étonnant que tu sois aussi têtu, t'as été fabriquée en Bretagne! C'est tout ce que je sais. Avec ça?

Comme promis, j'emmène Myriam à la pizzéria. Moi, j'ai pas trop envie, mais chose promise....Depuis hier, c'est à dire depuis qu'elle sait que sa mère à viré Loïc, je la sens plus heureuse. Pendant le repas, Elle me parle surtout de sa mère. Elle lui trouve beaucoup de qualités.

--- Je sais que c'est pour moi qu'elle travaille la nuit, à cause du salaire. Je ne comprends pas pourquoi elle n'a jamais rencontré un type bien! Elle a dû être vachement jolie quand elle étais jeune! Et même maintenant, il y en a des hommes qui lui tourne autour! Quand je lui pose la question, elle me répond immanquablement:" le seul homme que j'ai aimé, c'est ton père".

Nous rentrons à l'appart, Myriam repart aussitôt, elle a rendez-vous avec des copains. Moi j'allume la télé, les images défilent mais je ne vois rien. J'essaie d'être lucide et je me rends compte que cette double vie ne mène à rien de constructif, que la présence de Myriam ne fait que prolonger une situation sans issu. Tant qu'elle est là, je ne suis pas seul, mais le fait qu'elle puisse partir m'angoisse. La peur de la solitude. Oui, c'est bien ça mon problème! Cette même peur qui me poussa à me dédoubler, à vouloir vivre deux vies alors que je suis incapable d'en vivre une seule pleinement. La mort de Serine m'a ouvert les yeux sur ma propre existence. J'ai l'impression d'être au bord d'un pécipice qui a Myriam pour seul rempart. Mais qui est-elle? une fille un peu paumée que j'ai ramassée, comme ça hasard de la vie, et qui est libre de partir demain sans explication. Je continue de ruminer tout l'après-midi, mais en soirée, je décide de me bouger, je me fais un ciné. Quand je rentre vers onze heures, Myriam est dans la cuisine.

--- Je crève de faim, dit-elle, je me fais une omelette aux herbes, t'en veux une aussi?

--- C'est pas de refus, moi aussi j'ai un petit creux. Tu m'as pas repondu, ta mère veut pas que tu rentres à la maison?

--- Mais si elle veut bien! Elle m'a dit:" tu fais comme tu veux, du moment que tu ne fais pas de conneries et que tu travailles". En fait, je crois qu'elle culpabilise, la liberté qu'elle m'a laissée l'arrangeait, ça lui permettait de passer plus de temps avec Loïc. Maintenant, avec le recul elle craint que je lui jette à la figure comme un reproche. Enfin, c'est ce que je crois!

Le lendemain, la journée commence mal, je me fais piquer mon portable alors que je prends un petit noir à la terrasse d'un café. De ce fait, je perds tous mes numéros de téléphone et je ne peux plus bosser. Le temps d'en racheter un et de recupérer toutes les informations que j'ai perdu, le soir arrive et j'ai rien foutu! Je rentre donc de mauvaise humeur à mon appart, Myriam nettoie l'appart, il est plus propre que jamais.

--- Tu veux en faire un palasse de mon appart! T'a invité Chirac à Manger?

--- Non, dit-elle, pas Chirac, mais on a de la visite.

--- Et je peux savoir qui?

--- Oui, si tu me promets de ne pas me crier? Dit-elle.

--- Un ami?

--- Non, j'ai invité ma mère à manger... Ce soir.

Ca ne me dérange pas qu'elle invite sa mère, depuis le temps qu'elle me parle d'elle! Mais aujourd'hui, ça ne m'arrange pas, après cette journée mouvementée, j'ai envie d'être tranquille. Comme pour se faire pardonner, elle me dit de m'asseoir et me prépare un punch. Bien calé dans mon fauteuil, j'examine mon nouveau portable quand la sonnette de la porte retentit.

--- C'est ma mère, dit Myriam, bouge pas je vais ouvrir.

Fin du 9° épisode.



Double vie N° 10 FIN


Myriam ouvre la porte. Par politesse et respect pour sa mère, je me lève de mon fauteuil.

---Bonjour M'man! Dit Myriam en sautant au cou de sa mère, je te présente Alex.

Je regarde la maman de Myriam, une jolie femme, taille moyenne et cheveux châtain. Mais les traits de son visage et son regard m'interpellent. Elle aussi, me regarde avec une certaine insistance, j'en suis presque gêné...

--- Excusez-moi, dit-elle j'ai l'impression de vous avoir déjà...Alex! Alex! Non, pas possible!

--- Lise? Tu es la mère de Myriam? Ca fait dix ou... non, plus, au moins douze ans qu'on s'est perdu de vu?

--- Non, plus, bientôt dix-sept! Le temps passe si vite! C'est donc chez toi qu'habite Myriam!

--- Oui, je lui prête le petit appart, à côté... Mais, assieds-toi. Quelle surprise!! Se retrouver après toutes ces années! Tu te souviens?

--- Oh Oui, je me souviens, comment pourrais-je oublier?

La réapparition soudaine de Lise me perturbe, tout s'emmêle dans ma tête et le sens de sa phrase m'échappe. Lise? Je l'ai aimée plus que tout au monde. Je nous croyais uni par un amour indestructible et plus fort que tout, quand subitement et sans raison apparente, elle s’est retirée de ma vie et a disparu sans me donner d'explication. Ne comprenant pas ce silence, j'imaginais plusieurs scenari: accident, maladie, où la rencontre d'un autre homme? Je cherchais une explication. j'en ai beaucoup souffert et je n'admettais pas ce silence qui pour moi était synonyme de torture. Et sans cesse, la même question m'obsédait: pourquoi ce silence? Quelle en est la cause ou la raison? Avais-je commis une erreur ? Et maintenant, alors que cette époque se noyait dans l'oubli, voici le passé qui revient et ses souvenirs, vieux de seize ans, qui se bousculent et se superposent. Le lieu de notre rencontre, dans une petite rue de Carnac; la plage et le soleil, si chaud qu'il nous brûlait la peau; le petit bar où nous avions notre place...Tout cela me revient, vivant, concret. Par le fait du hasard, Lise réapparaît seize ans après sa disparition. Que dois-je penser? Je ne sais pas, je ne sais plus, alors maladroitement, je me contente de dire des banalité.

--- Tu vis donc seule à présent? Dis-je

--- Oui, dit-elle, je me suis séparé de mon ami "Loïc" et Myriam préfère rester chez toi pour l'instant... C'est ce qu'elle m'a dit.

--- T'as bien fait de le virer ce fainéant, dit Myriam!

--- En tout cas, félicitations, tu as une jolie fille, dis-je. Elle t'a raconté notre rencontre au commissariat?

--- Oui, je sais tout, Myriam me dit tout.

Le portable de Myriam sonne.

--- excusez-moi, dit-elle, c'est un copain.

Pour être tranquille, Myriam se rend dans l'appart d'à côté. Lise la suit des yeux, puis me regarde avec cet air particulier qui précède l'annonce d'une nouvelle importante. Soudain, mon esprit à retardement se débloque.

--- Seize ans qu'on s'est quitté! Tu ne veux pas dire que Myriam...

--- Si !Et oui, Alex! Myriam est ta fille, ça ne fait aucun doute.

Cette révélation me fait l'effet d'un coup de massue sur la tête! Je me sens chavirer, abattu, anéanti et reste sans voix. Je ne sais même pas si je suis heureux ou en colère? En tout cas, je suis furieux que Lise me l'ait caché. Comment va-t-elle justifier son comportement? Mais Lise ne dit rien, elle semble éviter mon regard, je la sens gênée. Elle sait qu'elle va devoir affronter mes questions.

--- Et pourquoi ne m' as-tu rien dit?

--- Je pensais que c’était mieux. Je sais que j'aurais dû te le dire, mais j'étais jeune. Je me rends compte que j'ai commis une erreur, mais que puis-je faire à présent? Ressasser le passé ne sert à rien.

--- Et Myriam, que lui as-tu dit de son père?

--- Rien. L'idée qu'elle se fait de son père est un assemblage de souvenirs que j'ai gardé de toi, mais rien de précis. Je me demande comment elle va le prendre quand elle apprendra la vérité? J'appréhende sa réaction.

--- Moi aussi je l'appréhende, dis-je, les choses auraient étés si simples si tu m'en avais parlé, on l'aurait élevé ensemble... Quel gâchis!

--- Justement, dit-elle, si j'ai agi de la sorte, c'est pour ne pas gâcher ta vie. Je me sentais responsable de ce cette grossesse et je voulais en assumer seule les conséquences.

--- Nous sommes responsables tous les deux, dis-je, moi autant que toi

Myriam revient dans le salon et nous mettons un terme à notre discussion.

--- Oh! Vous discutez bien tous les deux!, Dit Myriam... Vous vous connaissez depuis longtemps?

--- Oui, dit Lise nous nous connaissons depuis très longtemps, nous avons passé des vacances ensemble, en Bretagne.

--- Décidément, la Bretagne ça te réussit! Dit Myriam. C'est pas là que tu avais rencontré mon père... Tu sais m'man, j'ai eu de la chance de rencontrer Alex, quelquefois on s’engueule, mais je crois que sans lui, je m’ennuierais ou alors, je ferais des bêtises.

--- J'ai rencontré Alex en Bretagne il y a dix-sept ans, dit Lise.

--- Ah! il devait être mignon à cette époque! Dit Myriam en me regardant.

--- Pourquoi? Tu me trouves moche Aujourd'hui? Dis-je.

--- Mais? J'y pense! Dit Myriam, tu pourrais être mon père alors?

Myriam lance cela comme une boutade, une sorte de phrase toute faite. Mais la question va droit au cœur de sa mère qui ne réussit pas à cacher son émotion. Lise me regarde, son visage se cristallise, son teint blanchit. Je la regarde avec la même intensité et un long silence s'installe.

--- Ben, alors! J'ai dit une connerie? Dit Myriam. Qu'est-ce que vous avez tous les deux? Vous me cachez quelque chose?

Myriam nous regarde à tour de rôle. Ses yeux cherchent une réponse, l'expression de son visage devient grave, se fige et nous écrasent. Notre silence répond à la question qui lui brûle les lèvres.

--- Oui! Dit Lise, Alex est ton père!

Jamais Je n'ai vu Myriam avec de tels yeux. J’ai l'impression d'avoir une étrangère en face de moi. Pendant quelques secondes elle reste de marbre, puis les commissures de ses lèvres se relèvent lentement, son visage s’illumine, ses yeux pétillent et un immense sourire envahit son visage. Alors, d'un bond, elle s'élance et plonge dans mes bras. Elle se cale dans le creux de mon épaule et éclate en sanglots.

--- J'ai un père! J'y crois pas, je rêve! Toute ma vie je t'ai attendu. Mais tu es là! Tu ne peux savoir comme je suis heureuse, je suis comme tout le monde maintenant, j'ai un père! Mais depuis combien de temps sais-tu que je suis ta fille?

--- Oh! Depuis très peu de temps, cinq minutes tout au plus, je n'en reviens pas non plus! J'ai une fille! Allez, champagne!

Je vais chercher une bouteille et je pose trois coupes sur la table de salon. Myriam ne maîtrise plus ses émotions, elle pleure et rit en même temps avant de disparaître dans les bras de sa mère. Cette émotion extrême s'évacue peu à peu dans les larmes qui coulent sur nos joues. Que d'événements en une journée! Comment la vie peut-elle réserver de pareilles surprises alors qu'on se croit installé dans une éternelle routine! Moi aussi, je me sens heureux, je m'y étais attaché à cette gamine! j'étais déjà un peu son père adoptif. Un jour, elle m'a même dit: " c'est con la vie"! Surpris, je lui ai demandé: "pourquoi"? Parce que je suis trop jeune pour être ta femme et je ne peux pas être ta fille" m'a-t-elle répondu! Ce jour-là, elle m'avait vraiment touché.

--- Aller! on passe à table, dit Myriam. Pour la première fois de ma vie, j'invite mon père à manger! On est comme une vraie famille! Je peux t'appeler Papa?


trois semaines plus tard. En octobre

Nous profitons des derniers beaux jours pour faire une promenade au parc, tous les trois. Les arbres se dépouillent de leurs parures automnales et les feuilles mordorées virevoltent, puis tourbillonnent sur le sol. Nous sommes assis sur un banc, juste en face d’un bassin. Le soleil se faufile entre les arbres partiellement dénudés et lance de longues ombres sur les pelouses tachées. Près de nous, des gamins ramassent des marrons et les lancent en direction du bassin. Ils visent un petit bateau qu'ils font naviguer sur l'eau, entre les feuilles mortes et les brindilles. Est-ce cela le bonheur? Autour du bassin, une petite fille promène son bébé dans son landau. Lise et moi la regardons. Nous avons certainement la même pensée: dans cette enfant, nous imaginons Myriam petite. Tout ce bonheur perdu à jamais... toutes ces joies que nous aurions pu partagées ensemble.

--- Tu te souviens, Lise de ce petit café à Carnac où nous prenions toujours notre café, comment s'appelait-il déjà?

--- Il s'appelait: "Chez Myriam".

Mais tout en parlant, Lise me tient la main, de la même façon qu'autrefois, juste le bout des doigts, comme en Bretagne.

--- Eh! Eh! dit Myriam, je vous y prends vous deux!

--- Et tu n'es pas au bout de tes surprises, ma fille, à partir de demain, nous habitons ensemble, tous les trois, dit Lise.

--- Bientôt, vous parlerez mariage à ce rythme! Qu'est-ce que vous voulez comme cadeau de noce? Demande ironiquement Myriam.

--- Oh! Ca, nous l'avons déjà, dis-je, notre cadeau c'est toi.

http://bokay.over-blog.org/ BOKAY



Double vieN° 9 (la piscine)


Une semaine s'est écoulée depuis la décès de Serine. Le plus dûr a été la cérémonie funèbre. Il y avait peu de monde, Max, son mari, n'a pas eu l'autorisation d'assister à l'enterrement. l'assassina de Sérine m'a fuchu un coup terrible! Comme si on m'avait arraché une partie de moi-même! Heureusement, Myriam est là! Elle me soutient du mieux qu'elle peut, et surtout, elle me secoue. J'ai ce terrible penchant à me laisser aller lorsque les choses vont mal et de me complaire dans ma peine. Mais avec Myriam, pas question! Son dynamisme remue et secoue tout ce qui gravit autour d'elle.

C'est pas mon habitude de faire des cadeaux, mais pour remercier Myriam, je lui achette un petit truc: un T-shirt que j'ai repairé rue de Rivoli. Le soir, je rentre à mon appart, mon petit cadeau sous le bras. Myriam est là, elle m'ouvre la porte et sans même prêter attention au paquet paquet que je tiens, elle me saute au cou.

--- Tu peux pas savoir comme je suis heureuse! Dit-elle. C'est formidable!

Moi, je reste perplexe! Elle n'a donc jamais reçu de cadeau? et elle continue:

--- Oui, c'est formidable! j'ai une nouvelle extraordinaire, hypersuper à t'annoncer!

--- Eh ben! Dis... Si c'est si bien que ça!

--- Ma mère a viré ce fainéant, ce salop de Loïc! C'est pas une bonne nouvelle?

--- Si, si! Dis-je, c'est une bonne nouvelle, mais je ne me sens pas vraiment concerné, ce Loïc, moi je ne le connaissais pas.

--- Puisque je te dis que c'est une ordure! Ce salop, il voulait me sauter, mais plutôt crever que de coucher avec l'ami de ma mère! Et en plus, c'était un fainéant de la pire espèce... C'est pour moi?

--- Oui, j'ai trouvé cette petite chose, regarde, si ça te plaît pas, j'irai le changer...

--- Whoua! C'est super! T'as bon goût! Je vais le passer.

C'est vrai que ça lui va bien, elle est ravissante! Ce n'est qu'une petite chose, mais visiblement, ça lui fait plaisir!

--- Demain, moi aussi, je te fais une surprise, dit Myriam.

--- Ah, et c'est quoi? dis-je.

--- Idiot! Si je te le dis, ce ne sera plus une surprise! juste une précision, faut pas te lever tard.

Bien que ce soit dimanche, je me lève assez tôt, surprise oblige. Myriam vient me retrouver dans la cuisine et nous déjeunons ensemble.

--- Maintenant que Loïc est parti de chez vous, qu'est-ce que tu vas décider? Tu retournes vivre avec ta mère ou tu...

--- Eh! T'en as marre de moi, toi aussi tu veux me virer?

--- Non Myriam, je ne dis pas ça pour que tu partes, c'est tout le contraire, c'est parce que j'ai peur que tu partes. j'ai pas envie de me retrouver tout seul chaque soir.

--- T'as qu'à te trouver une femme... Oh excuse-moi, ça m'a échappé, j'avais déjà oublié.

--- C'est pas grave... Et ta surprise!

--- Ce matin, je vais à la piscine, dit Myriam et tu viens avec moi. Tu m'as bien dit que tu adorais nager?

--- Oui, c'est possible, en tout cas j'aime la piscine mais en ce moment, j'ai pas trop le goût.

--- Justement, dit Myriam, ça va te changer les idées.

Pour faire plaisir à Myriam, je l'accompagne à la piscine. Nous arrivons les premiers, le bassin pour nous deux.

--- Aller! Vient! On va voir si t'es en forme, dit-elle.

--- Ca m'étonnerais que tu me battes, dis-je. Tiens! Si tu arrive avant moi, je te paie la pizzeria à midi! OK?

Je me donne à fond mais le manque d'exercice se fait sentir et je vois Myriam qui me prend un mètre, puis deux! Je suis un peu déçu, mais malgré la cuissante défaite, j'ai l'impression d'avoir rajeuni de quinze ans.

--- Alors t'es rouillé? faut venir plus souvent! Dit Myriam.

Nous sortons de l'eau, je me dirige vers le plongeoire et Myriam me suit.

--- Bouge pas, fait voir! dit-elle. T'as une tache marron sur la hanche! exactement comme moi et au même endroit!

--- Certainement que ta mère en a une aussi, dis-je.

--- Non, elle n'en a pas!

--- Alors, c'est ton père, en général, ces trucs c'est héréditaires, et on est pas les seuls, il y a une quantité de gens qui ont des taches sur la peau.

--- Mon père, je le connais pas! Comment veux-tu que je sache? Elle m'a juste dit, une fois qu'elle était en colère:" pas étonnant que tu sois aussi têtu, t'as été fabriquée en Bretagne! C'est tout ce que je sais. Avec ça?

Comme promis, j'emmène Myriam à la pizzéria. Moi, j'ai pas trop envie, mais chose promise....Depuis hier, c'est à dire depuis qu'elle sait que sa mère à viré Loïc, je la sens plus heureuse. Pendant le repas, Elle me parle surtout de sa mère. Elle lui trouve beaucoup de qualités.

--- Je sais que c'est pour moi qu'elle travaille la nuit, à cause du salaire. Je ne comprends pas pourquoi elle n'a jamais rencontré un type bien! Elle a dû être vachement jolie quand elle étais jeune! Et même maintenant, il y en a des hommes qui lui tourne autour! Quand je lui pose la question, elle me répond immanquablement:" le seul homme que j'ai aimé, c'est ton père".

Nous rentrons à l'appart, Myriam repart aussitôt, elle a rendez-vous avec des copains. Moi j'allume la télé, les images défilent mais je ne vois rien. J'essaie d'être lucide et je me rends compte que cette double vie ne mène à rien de constructif, que la présence de Myriam ne fait que prolonger une situation sans issu. Tant qu'elle est là, je ne suis pas seul, mais le fait qu'elle puisse partir m'angoisse. La peur de la solitude. Oui, c'est bien ça mon problème! Cette même peur qui me poussa à me dédoubler, à vouloir vivre deux vies alors que je suis incapable d'en vivre une seule pleinement. La mort de Serine m'a ouvert les yeux sur ma propre existence. J'ai l'impression d'être au bord d'un pécipice qui a Myriam pour seul rempart. Mais qui est-elle? une fille un peu paumée que j'ai ramassée, comme ça hasard de la vie, et qui est libre de partir demain sans explication. Je continue de ruminer tout l'après-midi, mais en soirée, je décide de me bouger, je me fais un ciné. Quand je rentre vers onze heures, Myriam est dans la cuisine.

--- Je crève de faim, dit-elle, je me fais une omelette aux herbes, t'en veux une aussi?

--- C'est pas de refus, moi aussi j'ai un petit creux. Tu m'as pas repondu, ta mère veut pas que tu rentres à la maison?

--- Mais si elle veut bien! Elle m'a dit:" tu fais comme tu veux, du moment que tu ne fais pas de conneries et que tu travailles". En fait, je crois qu'elle culpabilise, la liberté qu'elle m'a laissée l'arrangeait, ça lui permettait de passer plus de temps avec Loïc. Maintenant, avec le recul elle craint que je lui jette à la figure comme un reproche. Enfin, c'est ce que je crois!

Le lendemain, la journée commence mal, je me fais piquer mon portable alors que je prends un petit noir à la terrasse d'un café. De ce fait, je perds tous mes numéros de téléphone et je ne peux plus bosser. Le temps d'en racheter un et de recupérer toutes les informations que j'ai perdu, le soir arrive et j'ai rien foutu! Je rentre donc de mauvaise humeur à mon appart, Myriam nettoie l'appart, il est plus propre que jamais.

--- Tu veux en faire un palasse de mon appart! T'a invité Chirac à Manger?

--- Non, dit-elle, pas Chirac, mais on a de la visite.

--- Et je peux savoir qui?

--- Oui, si tu me promets de ne pas me crier? Dit-elle.

--- Un ami?

--- Non, j'ai invité ma mère à manger... Ce soir.

Ca ne me dérange pas qu'elle invite sa mère, depuis le temps qu'elle me parle d'elle! Mais aujourd'hui, ça ne m'arrange pas, après cette journée mouvementée, j'ai envie d'être tranquille. Comme pour se faire pardonner, elle me dit de m'asseoir et me prépare un punch. Bien calé dans mon fauteuil, j'examine mon nouveau portable quand la sonnette de la porte retentit.

--- C'est ma mère, dit Myriam, bouge pas je vais ouvrir.

Fin du 9° épisode.



Double vie N° 10 FIN


Myriam ouvre la porte. Par politesse et respect pour sa mère, je me lève de mon fauteuil.

---Bonjour M'man! Dit Myriam en sautant au cou de sa mère, je te présente Alex.

Je regarde la maman de Myriam, une jolie femme, taille moyenne et cheveux châtain. Mais les traits de son visage et son regard m'interpellent. Elle aussi, me regarde avec une certaine insistance, j'en suis presque gêné...

--- Excusez-moi, dit-elle j'ai l'impression de vous avoir déjà...Alex! Alex! Non, pas possible!

--- Lise? Tu es la mère de Myriam? Ca fait dix ou... non, plus, au moins douze ans qu'on s'est perdu de vu?

--- Non, plus, bientôt dix-sept! Le temps passe si vite! C'est donc chez toi qu'habite Myriam!

--- Oui, je lui prête le petit appart, à côté... Mais, assieds-toi. Quelle surprise!! Se retrouver après toutes ces années! Tu te souviens?

--- Oh Oui, je me souviens, comment pourrais-je oublier?

La réapparition soudaine de Lise me perturbe, tout s'emmêle dans ma tête et le sens de sa phrase m'échappe. Lise? Je l'ai aimée plus que tout au monde. Je nous croyais uni par un amour indestructible et plus fort que tout, quand subitement et sans raison apparente, elle s’est retirée de ma vie et a disparu sans me donner d'explication. Ne comprenant pas ce silence, j'imaginais plusieurs scenari: accident, maladie, où la rencontre d'un autre homme? Je cherchais une explication. j'en ai beaucoup souffert et je n'admettais pas ce silence qui pour moi était synonyme de torture. Et sans cesse, la même question m'obsédait: pourquoi ce silence? Quelle en est la cause ou la raison? Avais-je commis une erreur ? Et maintenant, alors que cette époque se noyait dans l'oubli, voici le passé qui revient et ses souvenirs, vieux de seize ans, qui se bousculent et se superposent. Le lieu de notre rencontre, dans une petite rue de Carnac; la plage et le soleil, si chaud qu'il nous brûlait la peau; le petit bar où nous avions notre place...Tout cela me revient, vivant, concret. Par le fait du hasard, Lise réapparaît seize ans après sa disparition. Que dois-je penser? Je ne sais pas, je ne sais plus, alors maladroitement, je me contente de dire des banalité.

--- Tu vis donc seule à présent? Dis-je

--- Oui, dit-elle, je me suis séparé de mon ami "Loïc" et Myriam préfère rester chez toi pour l'instant... C'est ce qu'elle m'a dit.

--- T'as bien fait de le virer ce fainéant, dit Myriam!

--- En tout cas, félicitations, tu as une jolie fille, dis-je. Elle t'a raconté notre rencontre au commissariat?

--- Oui, je sais tout, Myriam me dit tout.

Le portable de Myriam sonne.

--- excusez-moi, dit-elle, c'est un copain.

Pour être tranquille, Myriam se rend dans l'appart d'à côté. Lise la suit des yeux, puis me regarde avec cet air particulier qui précède l'annonce d'une nouvelle importante. Soudain, mon esprit à retardement se débloque.

--- Seize ans qu'on s'est quitté! Tu ne veux pas dire que Myriam...

--- Si !Et oui, Alex! Myriam est ta fille, ça ne fait aucun doute.

Cette révélation me fait l'effet d'un coup de massue sur la tête! Je me sens chavirer, abattu, anéanti et reste sans voix. Je ne sais même pas si je suis heureux ou en colère? En tout cas, je suis furieux que Lise me l'ait caché. Comment va-t-elle justifier son comportement? Mais Lise ne dit rien, elle semble éviter mon regard, je la sens gênée. Elle sait qu'elle va devoir affronter mes questions.

--- Et pourquoi ne m' as-tu rien dit?

--- Je pensais que c’était mieux. Je sais que j'aurais dû te le dire, mais j'étais jeune. Je me rends compte que j'ai commis une erreur, mais que puis-je faire à présent? Ressasser le passé ne sert à rien.

--- Et Myriam, que lui as-tu dit de son père?

--- Rien. L'idée qu'elle se fait de son père est un assemblage de souvenirs que j'ai gardé de toi, mais rien de précis. Je me demande comment elle va le prendre quand elle apprendra la vérité? J'appréhende sa réaction.

--- Moi aussi je l'appréhende, dis-je, les choses auraient étés si simples si tu m'en avais parlé, on l'aurait élevé ensemble... Quel gâchis!

--- Justement, dit-elle, si j'ai agi de la sorte, c'est pour ne pas gâcher ta vie. Je me sentais responsable de ce cette grossesse et je voulais en assumer seule les conséquences.

--- Nous sommes responsables tous les deux, dis-je, moi autant que toi

Par BOKAY
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