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Mercredi 31 août 2005 3 31 08 2005 00:00

                          

 

                                                  

Le Joueur

J’avais une femme et des enfants

Je prospérais dans les affaires.

Tous les ans vacances à Tétouan

Et les Noëls aux sports d’hivers.

Mais ma passion c’était le jeu

Toujours plus fort était la mise.

Dans les bas-fonds je descendais

Les grosses dettes s’accumulaient.

Je délaissais travail, maison

Tout au profit de ma passion.

 

Mais le jeu c’était ma raison

C’était mon Dieu, c’était ma loi.

Un jour ma femme à bout de nerf

Se retrouvant dans la misère

Avec enfants et sans le sou

Me laissa là, moi pauvre fou

Oui ma passion c’était le jeu

Pour elle j’ai menti et volé.

Car le jeu ronge les joueurs

Comme une vermine et en douceur

Me suivez pas dans ma galère

Son port d’attache est en enfer.

BOKAY

 

 

 
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Mercredi 31 août 2005 3 31 08 2005 00:00

 

 

 

                                                        photo BOKAY           

L’Automne

Depuis longtemps on a rangé

Sandales, shorts et tenue d’été.

Voici l’automne qui s’installe

Les feuilles d’or tombent en rafale.

Le vent balaye et déshabille

Les arbres roux et les brindilles.

De gros nuages ardoise et gris

Roulent sur les toits avec mépris.

Je sens rôder sur mon poème

Comme une odeur de chrysanthèmes.

Les cimetières sont décorés

Les croix les stèles sont astiquées.

Et dans ma chambre sous les toits

Je crie ton nom je pense à toi.

De ton corps chaud et romantique

Mon cœur aussi est nostalgique.

 

Je rêve encore à notre été

A ton corps nu et parfumé.

Te souviens-tu de nos balades

Il faisait chaud sous les arcades.

Là sur un banc tout isolé,

Des amoureux se sont posé.

En les voyant je pense à nous

A notre amour nos rêves fous.

 

Le vent me glace il pleut des feuilles

C’est le décor d’un jour de deuil.

Mes baskets glissent et je trébuche

Je monte mon col sors ma capuche.

Je rentre triste à la maison

Le cœur rongé par cette passion

Je n’ai pas l’âme à travailler

Je n’ai envie que de t’aimer.

 
Par BOKAY - Publié dans : POEMES
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Mercredi 31 août 2005 3 31 08 2005 00:00

Le photographe et le mannequin

Avec art et maîtrise

Il multiplie les prises.

Il t’installe et te shoot

Pour enrichir ton book

Il dompte et capture

Ton corps à l’état pure

Il connaît le dessin

De tes hanches de tes seins

Il adoucit les ombres

Qui courent sur ta main

Il capte la lumière

Qui glisse sur tes reins

Une pose romantique

Un flash Un déclic

Te voici capturée

Prisonnière comblée

Puis, une courte pause

et tu reprends la pose

Tu te prends pour Claudia

Estelle, Adriana.

Déjà tu imagines

Couvertures magazines

Plateaux, ciné, télé

C’est ton droit de rêver…

 
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Mercredi 31 août 2005 3 31 08 2005 00:00

 

 Bouche à Bush

 Il était une fois

Au pays des libertés

Un cynique illuminé

Qui, la bouteille déposée

Entreprit de gouverner.

Se fit élire président

Pour combattre les méchants.

Aidé par un attentat

Toute sa force déploya.

Puis combat un concurrent

Le pire tyran du moment,

Envoya toute son armée

Délivrer les opprimés.

 

Mais le triste illuminé

Se montra aussi tyran

Que le dictateur présent.

Et c’est tout tâché du sang

De milliers de combattants

Qu’il repartit pour Quatre ans.

 

Mais comment peut-il se faire

Que son peuple puisse se taire ?

Sont-ils tous devenus fous

Au pays des libertés ?

Quand je pense au précédant

Qu’on livra nu à Satan

Pour un moment d’égarement

une faiblesse un accident

Je m’dis qu’il faut l’r’animer

Et lui faire du bouche à Bush

Pour l’ram’ner à la raison

Et ses Boys à la maison

Rien n’y fait, je perds mon temps

La raison est autrement

Il paraît qu’c’est un complot

Car là-bas l’or coule à flot.

 

 
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Mercredi 31 août 2005 3 31 08 2005 00:00

 

 

          Planète 3000

 Avec un arbre qui se meurt

Avec un enfant qui a peur

Avec les loups et les moutons

Et les méchants et les tontons

Avec les hommes et leurs caresses

Les politiques et leurs promesses

 

Avec les riches et leurs cagnottes

Qu’ils cachent de peur qu’on leur grignote.

 

Avec la terre qui se dérobe

Avec les fleuves qui débordent

Avec le vent qui vous envole

Les toits les tôles et les bagnoles

Avec la terre qui engloutit

Vallées forêts et paradis.

Mais nos enfants demandent des comptes

On s’cache on pleure et on a honte

Pour les regrets il est trop tard

On a mangé même leur part

 

 
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Mercredi 31 août 2005 3 31 08 2005 00:00

                                           

Adieu amour

J’ai pris deux billets pour ce soir

On joue ma vie en blanc et noir

Au cinéma de mon quartier

Où j’ai appris à t’embrasser

Fini les plans et les projets

Les ratures et les premiers jets

Engonce-toi dans ton fauteuil

Ce sera comme un jour de deuil.

Au début tu n’étais pas là,

De pellicule en petits pas

Nos deux chemins vont se croiser

Nos jeunes cœurs s’entrelacer.

Dessus les toits, la lune est rose

Et toi tu jettes tes premières proses

Sur une feuille griffonnée

Que j’ai plaisir à déchiffrer.

Sortant des cours il faisait noir

Les néons jouaient dans le soir.

Et mon regard sur ton visage

Comme une photo de première page.

Entre nous t’as mis un espace

Mais je m’efface, lui laisse la place

Vivre sans toi est-ce possible ?

Adieu amour je veux mourir

 BOKAY

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Mardi 30 août 2005 2 30 08 2005 00:00

 

 

                 

La Tapineuse

 

Elle marche dans la rue

Son p’tit sac à la main

Sourit aux inconnus

Leur montre le chemin

Etoile sous la pluie.

Elle travaille la nuit

Jusqu’au petit matin

Promet le paradis

Dans son corps en satin

Etoile dans la nuit.

Elle n’a pas d’instruction

Diplôme ou référence

Seule la prostitution

Assure son existence

Etoile un peu ternie.

Ses joies, sa revanche,

C’est son petit gamin

Qu’a même pas la peau blanche

Comme disent les gens biens

Etoile pour demain.

Mais un jour ça pétera

Elle prendra son gamin

Partira pour les States

Retrouver son frangin

Il est dans les affaires

Car il lui a écrit.

Elle est partie là-bas

Le gamin à son bras

 

Pour vivre en attendant

refit quelques passages.

Mais vite le trottoir

Au début provisoire

Transforma en cauchemar

Le rêve dérisoire

 

Amérique ou Paris

Quelle est la différence ?

 

 
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Mardi 30 août 2005 2 30 08 2005 00:00

   

  

 

            le temps suspendu

 

Quand le soleil fière éclabousse,

Ton joli corps et ta frimousse.

Quand le jardin est inondé

Par les parfums d’un bel été.

Quand les enfants jouent sur la plage,

Ballons, râteaux et coquillages.

Quand une pluie fine tache de rosée,

Toiles d’araignées, reines des prés.

Quand le matin mes mains caressent,

Ton corps, tes seins avec adresse.

Quand la mort même, est condamnée,

C’est que le temps s’est arrêté.

 
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Dimanche 28 août 2005 7 28 08 2005 00:00

 

  

 L’INCONNUE DU TRAIN

 Cyril laissa tomber à terre le mégot qui pendait à l’extrémité de ses lèvres, le recouvrit de la pointe de sa chaussure et le réduisit en miette. Puis, il leva la tête vers le quai et scruta de chaque côté. Les derniers passagers atteignaient la sortie, tous légèrement vêtus à cause de la chaleur torride. Je ne la vois pas, se dit Cyril ? C’est étrange, Elle devrait être là ! Doucement, le train se remit en mouvement et le quai se vida. Des yeux, Cyril refit le tour de la gare, s’attardant à chaque endroit pouvant la dissimuler, mais en vain, elle n’était pas là ! Il arpenta la gare en tous sens, jeta un œil au dehors puis regarda une dernière fois sur le Quai. Claire ne viendra pas ! Comment aurait-il pu la manquer dans cette petite gare de province ? Vidé et las, le regard absent, il se laissa tomber lourdement sur un banc. Pour quelle raison ne m’a-t-elle pas prévenu, se demande Cyril ? Il sortit son portable de sa poche et se prépara à composer le numéro de Claire lorsqu’une jeune fille s’approcha de lui et l’interpella.

--- Pardon ! Dit-elle vous êtes Cyril ?

--- Oui, c’est moi !

--- j’ai un message à vous transmettre de la part de ‘Claire’, nous avons voyagé dans le même compartiment depuis Paris. Nous avons rapidement sympathisé, elle m’a fait votre description et m’a chargée de vous dire qu’elle ne viendrait pas et qu’il était inutile de l’appeler, que c’était fini. Elle ne m’a donné aucune autre explication. Arrivé à Lyon, elle m’a dit : moi, je descends là, au revoir. Voilà, je vous ai tout dit.

Cyril reçut une douche cinglante, glacée et inattendue ! Collé à ce banc de bois, incapable de se relever, le visage de Claire lui apparut, il imagina son sourire, sa façon de remettre ses cheveux à l’arrière, sa démarche. Non, ce n’est pas possible ! Nous nous aimons trop! Pratiquement jamais une dispute ! Je ne comprends rien et j’exige une explication, dit-il à haute voix.

--- C’est inutile, dit la jeune fille elle m’a bien précisé : c’est inutile qu’il m’appelle, c’est fini !

--- Elle a rencontrée quelqu’un ? C’est ça ? Oui c’est ça et elle vous l’a dit, vous savez !

--- Je ne sais rien dit la jeune fille, pendant tout le trajet, nous avons parlé uniquement de cinéma, Claire était comme moi, elle adorait le cinéma. Enfin, je veux dire qu’elle est cinéphile.

Cyril écoutait mais ne comprenait rien, ‘ Claire était comme moi’ ? Pourquoi parle-t-elle au passé ? Décidément, tout s’embrouille !

--- Vous avez l’air désemparé, dit la jeune fille, venez je vous offre un verre, nous allons parler un peu, faut vous changer les idées… Enfin, si vous voulez.

--- Oui, dit Cyril, cela ne peut pas me faire de mal, mais je ne veux pas abuser de votre gentillesse.

--- A propos, je m’appelle Laura, dit la jeune fille.

Cyril et Laura s’installèrent à l’intérieur d’un petit café, il y faisait moins chaud. Lui commanda une Chimay, elle un Perrier.

--- Elle est bien fraîche, dit-il pour briser le silence. Puis, laissant passer quelques secondes il enchaîne : vous comprenez ça ! Vous ?

--- On peut se dire ’’tu’’, nous avons à peu près le même âge, dit Laura, non, je ne comprends pas, peut-être que ses sentiments pour vous ne sont pas sincères ?

--- Mais on s’adore!

Cyril laissait parler Laura, elle lui racontait sa première année de fac, ses vacances en Croatie l’année dernière, ses cours de théâtre. Il lui fit remarquer que Claire aussi faisait du théâtre. N’y tenant plus, Cyril sortit son portable, je dois l’appeler, dit-il, il le faut ! La sonnerie retentit plusieurs fois, le silence qui suivit devint de plus en plus pénible, jusqu’à devenir insupportable. Répond ! Mais répond enfin ! Dit-il à haute voix dans le café. Quelques clients se retournent vers lui. Cyril renouvela son appel. En vain !

--- Je vais rentrer, dit Cyril. J’ai ma voiture, tu veux que je te dépose quelque part ?

--- Si ça ne te dérange pas, tu peux me laisser à mon hôtel, j’envisage de rester ici une semaine.

Ils échangèrent leurs numéros de portable et se séparèrent. Cyril ne rentra pas directement à la villa, il quitta la ville, s’engagea dans un petit chemin, trouva une place à l’ombre et s’arrêta. Il posa ses deux bras sur le volant, recula le siège et laissa tomber lourdement sa tête. Je dois faire le point, se dit-il. Claire ne veut plus me voir et refuse même de me parler ! C’est insensé ! Et il imagina divers scenari tous plus improbables les uns que les autres.

Il était près de vingt heures quand Cyril rentra à la villa. Ses parents, assis dans le canapé en rotin, semblaient attendre, ou plutôt l’attendre. L’expression de leur visage était tendue et figée. Un événement malheureux c’était produit, il pensa de suite à son grand-père, malade en phase terminale, Cyril l’aimait beaucoup.

--- C’est grand-père ? Dit Cyril, c’est fini ?

--- Non ! Dit la maman de Cyril, il est arrivé quelque chose à Claire.

--- A claire ?

--- Oui mon garçon, sa mère nous a averti que Claire se trouvait à l’hôpital après une tentative de suicide. Elle a tenté de se suicider en se jetant hors du train. Elle a plusieurs fractures.

--- Claire se suicider ? Mais enfin maman, c’est pas sérieux ! Tu la connais, toujours gaie, une plaisanterie en réserve !

--- Justement mon garçon, nous disions avec ton père que les personnes que l’on voit toujours gaies, sont souvent de grands dépressifs !

Cyril n’y croyait pas, c’était un garçon de caractère. Un caractère que des circonstances particulières avaient formées et développées. Il s’était forgé une force mentale qui prenait racines dans sa maladie. Pendant plus d’une année, il luta contre une mort quasi programmée. Il en réchappa à force de volonté, s’accrochant à la vie comme l’alpiniste à sa corde. C’est ainsi qu’il apprit à connaître les limites de ses ressources tant mentales que physiques. Cyril se savait rescapé, les extraordinaires progrès de la médecine l’avaient sauvés et c’est pour cette raison qu’après son bac, il décida de faire médecine. Il était à présent en cinquième année, ce qui donnait une certaine crédibilité à son jugement, du moins le pense-t-il, car il ne partageait pas du tout l’opinion de ses parents. Claire, dépressive ? Allons donc ! Quelle idée, se dit Cyril.

--- On l’a retrouvé sur le bord de la voie ferrée, une centaine de kilomètre avant Lyon, dit sa mère.

Cyril se remémora les paroles de Laura : Elle est descendue à Lyon ! Si Laura n’a pas menti, Claire n’a pas pu sauter du train cent kilomètres avant Lyon ! Cyril se pose aussi des questions à propos d’un autre détail, Laura avait dit : " elle adorait le cinéma. " Cela lui parut étrange qu’elle parle de Claire au passé. Je dois revoir Laura se dit Cyril, son témoignage est important pour moi. Il l’appela sur son portable et lui dit que Claire avait voulu se suicider en se jetant du train et qu’elle avait quelques fractures. Laura avait répondu qu’elle l’attendait dans le hall de l’hôtel.

Cyril gara sa voiture presque devant l’hôtel et pénétra à l’intérieur comme convenu. Laura n’y étant pas, il demanda au réceptionniste, celui-ci lui répondit que la jeune fille était partie précipitamment sans donner de raison. Cyril trouva ce comportement étrange. Partir ? Mais pourquoi et pour aller ou ? Et si elle avait décidé de repartir, de reprendre le train ? Cyril se rendit à la gare le plus vite qu’il put. Laura était là, assise sur le banc où ils étaient cet après-midi, à la même place. Voyant Cyril, elle sursauta, son visage trahit l’étonnement. Pendant une fraction de seconde, Cyril crut qu’elle allait partir en courant tant son étonnamment était grand, mais non, elle ne bougea pas du banc.

--- Pourquoi es-tu partie comme ça, tu devais m’attendre dans le hall de l’hôtel ? Dit Cyril.

Laura ouvrit son sac à main, en sortit une lettre et la donna à Cyril.

--- Toutes les réponses à tes questions sont dans cette lettre, dit Laura. Je te demande une seule chose c’est de l’ouvrir après mon départ.

Elle prit sa tête entre ses mains et se mit à pleurer, puis à sangloter. De plus en plus fort.

--- Pardonne-moi, pardonne-moi…

Laura leva une dernière fois ses yeux mouillés vers Cyril, se dirigea vers le quai, emprunta le passage souterrain et disparut. Le train entrait en gare quand elle arriva sur le quai et Cyril ne pouvait la voir, il ne la reverrait plus jamais.

 

Mon cher Cyril, Mon grand AMOUR,

 

Je viens de rentrer à l’hôtel et dans cette lettre je vais te dire ce que je n’ose t’avouer. Je connais Claire depuis deux ans, nous faisons du théâtre ensemble et nous ne nous aimons pas. La première fois que tu es venu la chercher, tu ne m’as pas remarquée, j’étais habillée en paysanne pour les besoins de la pièce. Mais moi, je t’ai vu et dans la seconde même, j’ai ressenti comme un violent courant dans tout mon être, j’étais paralysée. Tu avais le visage de l’homme dont j’étais amoureuse dans mes rêves, je t’ai reconnu immédiatement. Depuis ce jour, je passe mes jours et mes nuits à ne penser qu’à toi. Chaque soir, quand tu venais chercher Claire, je t’attendais, je n’étais là que pour toi. Je te voulais à tout prix ! C’est alors que j’ai imaginé de voyager avec Claire, de la jeter hors du train et d’entrer en contacte avec toi pour que tu comprennes que c’est moi qui t’aime, que nous sommes faits l’un pour l’autre. Mais si tu lis cette lettre, c’est que mon plan a échoué, que Laura n’est pas morte et je vais donc mettre en place mon plan de substitution : mon propre suicide ! C’est moi qui vais sauter du train lorsqu’il sera en pleine vitesse. Tu dois me comprendre, je ne peux envisager de vivre sans toi.

Pardonne-moi, toi mon unique et seul grand amour, si je t’ai fait du mal, mais personne ne t’aimeras jamais comme je t’ai aimé.

Ta Laura qui t’a aimé comme personne d’autre ne t’aimera.

Laura                                                                         BOKAY

 

 
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Samedi 27 août 2005 6 27 08 2005 00:00

 

   

   La rivière rouge                                        

 Enfant, je passais mes vacances près d’une immense forêt qui s’étendait par delà la Belgique, cette région s’appelle ’’Les Ardennes’’. Nous formions une petite bande de cinq copains dont l’un nommé Lucas, était simple d’esprit. Nous profitions de ses faibles facultés pour nous livrer à des jeux à caractère douteux. C’est ainsi que l’un d’entre nous inventa le jeu du ’’mort’’. Il subtilisa le fusil de chasse de son père ainsi qu’une vingtaine de cartouches dont il enleva délicatement les plombs. Il expliqua à Lucas qu’il n’y avait aucun risque et que l’on pouvait jouer à la guerre sans danger avec la sensation de tirer de vraies balles. Nous prîmes le fusil chacun à notre tour. Le dernier à tirer était Lucas et nous lui avions réservé une surprise. Je devais simuler le mort, tomber en faisant semblant d’agoniser et laisser du sang couler de ma bouche qui en fait n’était autre que du jus de betterave rouge. Les autres devaient se précipiter sur moi et constater qu’effectivement, une vraie balle m’avait mortellement touché. Nous fûmes tellement persuasifs que Lucas, croyant m’avoir tué partit se cacher dans la forêt pour échapper disait-il, aux gendarmes et à la prison. Mais Lucas ne revenait pas et nous l’avons recherché jusqu’à la nuit sans succès. Les jours suivant la gendarmerie, avertie des conséquences de notre mauvaise plaisanterie entreprit des recherches qui ne donnèrent aucun résultat. Lucas avait complètement disparu.

L’année suivante, revenant en vacances au même endroit, je demandais des nouvelles de Lucas. On me répondit qu’on ne l’avait jamais revu. Certains prétendaient qu’il était mort, d’autres disaient qu’il s’était installé de l’autre côté de la frontière en Belgique. Mais cette année-là, j’avais trouvé une nouvelle occupation : j’allais à la rivière pour attraper des truites à la main. Je plongeais ma main le plus loin possible sous les grosses pierres puis immobilisais et saisissais l’imprudente qui s’y réfugiait.

Un jour qu’il faisait lourd et orageux, je remontais la rivière en amont, toujours plus loin ! Jamais je ne m’étais aventuré aussi profondément dans cette forêt, jamais je n’avais vu ces énormes rochers qui se positionnent de chaque côté de la rivière. J’avais déjà attrapé quatre truites et je continuais à visiter méticuleusement chaque pierre quand je sentis quelques grosses gouttes d’eau sur ma main suivis d’un violent coup de tonnerre. Je me suis relevé et en quelques secondes l’eau se mit à tomber en trombe dans un vacarme infernal ! Je me suis précipité vers le premier abri, un rocher qui semblait s’enfoncer comme une grotte. Mes yeux s’étant habitués à la demie obscurité, j’avançais vers le fond car une tache bleue attirait mon attention. C’était une grosse veste d’hiver mais il y avait aussi d’autres vêtements, des chaussures, des gants et bien d’autres choses. Brusquement, mes yeux se posèrent sur un T-shirt jaune et rouge. Je le reconnus immédiatement, c’était celui que portait Lucas l’année dernière quand il a disparu. Continuant ma prospection, je découvris une sorte de matelas fait de feuilles de fougères et de bruyère. J’étais de plus en plus persuadé que j’avais découvert la cachette de Lucas.

La pluie tombait avec moins d’intensité, je me tenais légèrement à l’intérieur de la grotte, invisible de l’extérieur lorsque j’entendis des craquements de brindilles et de feuilles. Je m’avançai hors de la grotte pour voir ce qui se passait quand tout à coup, je vis en face de moi Lucas, il portait de vêtements en haillon, une longue chevelure sale et noueuse, une barbe clairsemée et tenait un fusil à la main. Dès qu’il m’aperçut, son corps se raidi et il se mit à crier :

--- Au secours, au secours ! Au fantôme

--- Mais non dis-je, ne crains rien Lucas, c’est moi ton copain !

--- Non ! C’est pas toi, je t’ai tué, c’est ton fantôme ! Au secours !

Lucas partit à toute jambe en suivant la rivière qui à cette saison laissait une bande de sable de chaque côté.

--- Attends Lucas ! Ne part pas, je vais t’expliquer… !

Mais Lucas courait de plus belle et me refusant de le laisser ainsi dans sa folie, je me suis mis à courir derrière lui. La poursuite semblait interminable, il était habitué à courir dans de telles conditions et je peinais à garder la distance. Soudain, une petite colline rocheuse se dressa devant moi ! La rivière s’arrêtait net, où plutôt, elle sortait de cette sorte de caverne d’environ un mètre de hauteur. Lucas s’y était introduit, je l’avais vu se baisser puis disparaître. Je me suis mis au bord et j’ai crié :

--- Lucas ! Lucas, reviens, c’est moi ton copain !

Mais Lucas ne donnait aucune réponse. J’ai recommencé à crier mais sans succès, Lucas ne voulait pas répondre. Il s’obstinait à ne pas répondre. Je pris le parti d’attendre et je me suis assis sur un rocher……

Un coup de fusil raisonna de l’intérieur, j’ai crier :

--- Lucas ! Lucas ! Lucas !

Lucas ne répondit pas, il ne répondra plus jamais, la rivière se colora, la pluie se remit à tomber, le tonnerre à gronder. La rivière devint rouge vif, son débit augmenta, doubla, tripla puis ce fut un déferlement se rempli d’un immense flot rouge sang que venait fouetter une pluie d’une extraordinaire d’intensité. Une multitude d’éclaires jaunes et bleues déchirait la forêt, le ciel s’obscurcit jusqu’à devenir pareil à la nuit. Puis, peu à peu les forces se calmèrent, la rivière reprit son cours et sa couleur normale, le ciel retrouva ses nuages d’orages, la pluie cessa de tomber et je retrouvai ma lucidité.

 

BOKAY

 

 

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