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Vendredi 6 avril 2007 5 06 04 2007 21:53
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Vendredi 6 avril 2007 5 06 04 2007 21:50
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Vendredi 6 avril 2007 5 06 04 2007 21:48
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Jeudi 5 avril 2007 4 05 04 2007 23:35
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Vendredi 16 mars 2007 5 16 03 2007 15:36

                                                                              le 16/03/2007
      Poème et  Commentaires 

         


             Euthanasie


Certainement plus beau cadeau,

D’une valeur inestimable,

La vie parfois devient fardeau,

A la limite du supportable.


Comme un couperet, une question :

Est-il décents, est-il humain,

De prolonger contre raison,

Tout cet enfer sans lendemain ?


Mais de quel Dieu, de quelle loi,

Vous justifiez cette souffrance ?

Respect d’un texte, phobie d’un roi ?

Rien de pire que l’indifférence.


Vous politiques et religieux,

Faites l’autruche avec aisance

Et condamnez le courageux,

Qui mettra fin à cette souffrance !


Celui qui souffre et veux mourir,

Attend qu’une Veil, sans équivoque,

S’engage demain pour en finir,

Avec des lois d’une autre époque.

BOKAY

 

    Commentaires reçus sur ce poème



poème courageux car le sujet est assez polémique. Je ne me prononcerai pas sur le fond car je en suis pas fixée pour l'instant...mais bravo à toi d'oser exprimer, une fois de plus, tes convictions avec clarté et précision. l'expression "Au nom de quel Dieu, de quelle loi" est un peu cliché je crois, trop attendu dans un poème de dénonciation.

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Je suis tout à fait d'accord avec toi, BOKAY, autant dans le fond que dans la forme. Si quelqu'un désire mourir mais ne le peut plus, il est logique de lui rendre ce service. Pour ton poème, je trouve qu'il manque peut-être d'un peu d'originalité, et par cela je rejoins l'opinion de Lau : quelques expressions sont des clichés. Mais sinon les idées sont bien exprimées, un peu simplement mais le message n'en passe que mieux auprès de tous.

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Sujet qui prete a débat!!!
Moi je suis pour!!!!,l'acharnement thérapeutique NON!!!!
Mourir dignement!
Merci pour ce texte fort et merveilleusement bien écrit!
BISOUS

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Re: Euthanasie

Je suis entièrement et foncièrement d'accord avec toi.

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Un texte émouvant, d'actualité sur un sujet très épineux.
Pour moi, c'est très dur de trancher : NON à l'acharnement thérapeutique, of course ! Mais, hélàs, quels abus cela risque d'entraîner (Ex : des gens qui ont hâte d'hériter... Ca existe encore !)
En tout cas, de quoi réfléchir sur les énormes progrès de la science ...
Amicalement, L...............

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Boket c'est un sujet bien délicat que tu abordes là.
Dans des cas aussi difficiles pas de généralités, mais une aide juste et humaine pour tous

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Re: Euthanasie

Il faudrais créer des comités et juger ça au cas par cas, faire ça de manière très humaine et comme tu dis lorsqu'il n'y a plus rien d'autre à faire, empêcher de souffrir, c'est être humain.

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Tres beau poèmes qui montre que c un droit la mort

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Salut pour les religieux je comprend oui puis que volonté de dieux prime.
Enfin pour un poème engagé c’est pas facile, t’as plutôt réussi, j’ai aimé le début en particulier :

Certainement plus beau cadeau,
D’une valeur inestimable,
La vie parfois devient fardeau,
A la limite du supportable

-----------------------------------------------

Donner la mort à une personne qui souffre trop pour continuer à survivre, est un acte d'amour, de générosité.

Un acte terrible aussi, pas facile à assumer. Notre époque condamne cet acte, préfère laisser un être survivre dans un état végétatif, sans espoir de retour. L'être humain à droit au choix, au choix aussi de partir dignement.

Je voudrais si un jour ce choix s'imposait a moi, avoir la force d'aller jusqu'au bout de l'amour qui guide nos pas.

Aimer c'est aussi accepter de se séparer, accepter de couper le souffle de vie ténue qui parfois n'a plus de sens.

Ton texte est très beau, Bokay, il me touche très fort.

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Celà devient un problème de société , comme tu le dis si bien , il faut arrêter de faire la politique de l'autruche...et accepter que tout individu puisse mourir en toute dignité ...

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Vrai yen a encore bien trop qui souffrent.
Merci Bokay pour ce texte.

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Je demande que l' on m' aide à partir pour ne pas partir comme j'ai vu partir ma mére ( j'ai la même maladie).

MAIS,

Je me sens incapable d' aider celui que j' aime à partir s'il me le demandait ....

pas facile , je vous assure , cette fin de vie ....
Pour cela qu' il ne faut pas être SEUL(E) en face de cela ....
Mais comment faire ?
Nul n' a de réponse ...toute faite !
Tout se jouera dans le présent du départ demandé par un de nos proches ....

et croyez moi ....je tremble à cette idée ...surtout si c' est pour celui avec lequel j'aime tant viv

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Je ne connais pas grand chose du problème mais si l'acte de donner volontairement la mort est si difficile à obtenir du corps médical peut-être si c'est possible après accord du patient et de la famille soulager totalement la douleur sans présumer du procécius vital ce serait déjà un bout de chemin.

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Effectivement tout cela dépend d'où on se place....

Les religions ont bien fait du tord...mais en France cela semble bouger...

Moi JE SUIS POUR....pour beaucoup de raisons que je ne peux étaler ici...d'ailleurs il faudrait tout un débat et beaucoup de temps pour en découler...

Alors juste te dire....prendre patience....cela arrive...lentement...mais surement -

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Comme le dit M......... la religion se trouve au coeur de ces débats et que beaucoup d'hypocrisies sur ce sujet sois disant tabou que connaisse t il de la souffrance finale
Un sujet qui me tiend a coeur

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BOKAY, tu es certainement plein de bonnes intentions mais il est des engrenages dont on ne peut plus se libérer quand on a accepté d'y mettre le doigt. Je me méfie de ceux qui s'arrogent le droit de disposer de la vie des autres. On a aboli la peine de mort en France, ne la rétablissons pas indirectement et n'en faisons pas la solution à toutes les misères.

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Je suis pour épargner les souffrances extrèmes,mais je crains les risques d'abus et de facilités.
Et puis de la souffrance physique?et la souffrance morale va t-elle suivre cette délivrance?
En tous cas,je trouve que tu as très bien soulevé la question.

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On achève les animaux pour ne pas qu'ils souffrent ... mais pas les humains ...

Sans doute suffisamment forts pour supporter eux, la souffrance ...

Souffrance intolérable rien que de penser et voir la souffrance de l'autre !

Mais nous, tels des Dieux, nous savons supporter tout !

Que des histoires et du cinéma quoi ...

Encore bien de la réflexion en perspective grace à ton poème Bokay !

Merci toi !

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Un poème qui met le doigt sur un sujet sensible mais qui mérite d'être lu. Tout dépend de la personne. Il y a ce côté de respect de la volonté de la personne "emprisonnée" dans ses pensées car ne peut le faire elle-même mais aussi cet autre côté religieux, un côté humain qui pose un dilemne car ces préceptes sont bien alimentés de valeurs morales.
Au plaisir de te relire

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Un poème riche en mots et en réflexion.
merçi !
Interrompre la vie, n'est pas facile.
Je n'aimerai pas vivre ce dilemne.
tendresse
bisous

---------------------------------------------------------------------------------

Par BOKAY - Publié dans : POEMES
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Samedi 17 février 2007 6 17 02 2007 23:36
               

    22/02/07

Derniers commentaires reçus sur:


'' La grande Léa'' (poème)


Elle est sympa, la grande Léa,

Avec ses jambes qu'en finissent pas.

Ses p'tits nénés, ses ch'veux en l'air,

Elle a toujours un truc à faire.

Elle a du coeur, la grande Léa,

Paraît même qu'il est gros comme ça.

Elle a horreur de la misère,

C'est plus fort qu'elle, peut pas s'y faire


Parfois j' l' emmène au cinéma,

Elle cause tout l' temps, elle arrête pas.

Elle est casse pieds, c'est pas permis,

mais j'm'en fou j'en prends mon parti.


               Avec les potes, dans la tanière,

Elle refait l' monde à sa manière.

Pousse des coups de gueules sur les Bobos,

Nous fait rêver d'un monde plus beau.


Elle vote à gauche, la grande Léa,

Elle aime Castro, Che Gevara,

Bouquine des trucs intellectuels,

T'as l'air d'un con si tu lis qu' ''Elle''


Elle me les casse, la grande Léa,

Pourtant j' l'adore, elle est comme ça.

C'est pas ma meuf ni ma copine,

La grande Léa, c'est ma frangine.


BOKAY


Bonsoir

_____________________________
C'est trop beau! j'adore.
Amitiés.

+++++++++++++++++++++++++++

Je l'adore la grande Léa

+++++++++++++++++++++++++++

eh bien je trouve ton portrait de la grande léa bien sympatique et émouvant quel bel hommage ah! donne lui pour moi le bonjour à la grande léa ! et merci à toi amitiés

+++++++++++++++++++++++++++

ne manque plus que la musique ! un bonheur à lire et à visualiser !
elle a l'air top, ta frangine. et t'as l'air un frangin pas mal aussi.
bises
++++++++++++++++++++++++++

bonsoir bokay
sympatique ton poème on peut meme le chanter..

+++++++++++++++++++++++++
Super, Bokay, pour ta frangine!!
++++++++++++++++++++++
J'ai beaucoup aimé. Elle est casse-pieds, elle parle beaucoup. Et oui, c'est une fille!! Wink

+++++++++++++++++++++

On l'aime... la grande Léa... après avoir lu ce poème !
Beau message d'amour pour cette "frangine" !
bravo !

++++++++++++++++++

Sacré Grande Léa ! Comme elle est sympa malgré ses défauts. Poème amusant qui m'a fait rire. L'on pourrait presque en faire une chanson...

Papillons Bisous à toi BOKAY Papillons

++++++++++++++++++++++


Salut Bokay
Estime-toi heureux d'avoir une soeur comme la grande léa qui t'as inspiré ce très beau poème aussi comique que sage.
Merci pour le partage
Amitiés
Salut Bokay
         ++++++++++++++++++++++



Ta grande Léa me fait penser à "la grande Zoa" chanson de Régine.

Superbe portrait plain de vie !
beau moment de lecture.

+++++++++++++++++++++

j'aime beaucoup c'est plein d'humour!
ton poème est entrainant il pourrait meme se chanter!!
bravo a toi j'ai adoré!

++++++++++++++++++++++++

     Le genre de fille que j'adore !!j'aimerais bien l'avoir comme frangine ,on est du même tonneau
merci         

   +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

             Sympa, un texte qui donne envie de fredonner, un éclat de rire aux coins

 des yeux

  ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++



   J'aime bien ta Léa, Bokay, mais moi, c'est pas à Brel qu'elle m'a fait penser, mais à son homologue de Louise Attaque, sauf que chez eux, elle est pas, et que chez toi, elle est, mais y a de cet esprit de dérision dans l'air...

 ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Ton poème m'a fait penser à une chanson de Louise Attaque que j'adore qui s'appelle "Léa", il me semble d'ailleurs... *sceptique*
Sinon j'adore !!!! Coup de coeur !!
Ca fait vraiment chanson, il y a du rythme. C'est touchant, attendrissant, ça donne envie de la rencontrer ! :)

 ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

c'est marrant, moi en lisant j'avait l'impression de lire un slam genre à la "grand corps malade". Ca "clack" quand tu lit c'est génial. La aussi j'adhère vraiment.


          +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

            Putôt amusant! on croirait entendre Zizi Janmaire chanter du Bruant

Par BOKAY - Publié dans : DERNIERS COMMENTAIRES RECUS
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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 01 2007 22:16
     

La petite fleuriste


Tout engourdi par l’atmosphère surchauffée des salles de cours, je sors du lycée. Dehors, un vent glacial me fouette le visage. Je coince mon sac sous mon bras, enfouis mes mains dans les poches profondes de mon anorak et marche à vive allure.

Bon sang, qu’il fait froid ! Habituellement, des groupes de lycéens se forment devant le bahut, ça discute et fume. Aujourd’hui, le froid a eu raison des plus courageux. Moi, j’habite pas très loin, vingt minutes à pied et la marche ça réchauffe. Ah ! Une chose importante, aujourd’hui c’est l’anniversaire de maman.

Quarante ans ! Ca se fête ! Ma mère adore les fleurs, surtout les roses.

Chaques jours, je passe devant une boutique de fleurs qui se trouve sur ma route. Je n’y prête pas grande attention, mais aujourd’hui, je pousse la porte.

La boutique est petite, peu chauffée et les fleurs dégagent un parfum envoûtant. Curieusement, les plantes se serrent les unes contre les autres, comme si elles avaient froid. Un gros transistor posé sur le coin de la caisse laisse échapper une musique douce.

Personne. Un bruit de feuilles venant du fond du magasin, rompt le calme relatif, je me retourne.

C’est la fleuriste qui se fraie un passage dans cette espèce de jungle reconstituée. Elle est petite et menue dans son tablier vert, sa chevelure noir retombe en ondulation harmonieuse sur le col de son chemisier. Je la trouve jolie, les traits de son visage sont finement dessinés.

--- Bonjour Monsieur ! Vous désirez ?

--- Vous avez des roses ? Des rouges, Mademoiselle ?

--- Elles sont ici, dit-elle en pointant le doigt en direction d’un seau rempli de roses.

--- Vous m’en mettrez une vingtaine s’il vous plaît !

Elle se penche en avant et les saisit une à une avec précaution. Je la regarde sans rien dire, le silence s’installe peu à peu puis fini par prendre possession des lieux. De ses mains fines et adroites, elle serre un ruban doré autour des tiges épineuses, le papier transparent craque et grince sous la pression. J’ai la chaire de poule.

--- J’ajoute une inscription ? me demande-t-elle.

--- Oui, si vous avez : « Bon Anniversaire ?… » C’est pour ma mère.

Le bouquet terminé, elle le pose sur le bord de la longue table et ose un timide sourire.

Je règle mon achat et rentre à la maison…Ma mère est ravie.


Deux fois par jour, pour aller au lycée, je passe devant cette boutique de fleurs et, sans raison particulière, je regarde à l’intérieur du magasin. Par curiosité, comme ça, mais sans jamais apercevoir la fleuriste.

Aujourd’hui par contre, impossible de la manquer, une raclette à la main, elle essuie la buée qui s’est déposée sur la vitrine. Je lève la tête, la regarde et lui envois un léger sourire en guise de bonjour. Elle se tourne vers moi, ses yeux presque noirs rencontrent les miens.

Les jours suivant, en passant, je jette un œil à l’intérieur de la boutique, mais je ne vois plus la petite fleuriste. Serait-elle partie ? Malade ? A-t-elle pris un autre travail ? J’ai envie de la revoir, elle ne me déplaît pas du tout.

Un soir, je me décide, je pousse la porte du magasin.

Une musique techno a remplacé la douce mélodie.

--- Vous désirez ?

Une jeune fille plutôt ronde, maquillée de façon criarde, se plante devant moi, les mains enfouies dans la poche ventrale de son tablier.

--- Vous êtes nouvelle ? Dis-je, la petite jeune fille brune n’est pas là ?

--- Oui, je suis nouvelle, je remplace Laetitia ?

--- Ah ! Je ne connais pas son nom, dis-je. Je passe chaque jour devant votre boutique, je lui dis : « Bonjour ! » Elle me répond et c’est tout, rien de plus. Elle fait partie de mon décor, comme la rue, les voitures…

--- Laetitia est absente depuis trois semaines, dit la fleuriste. Mais… Je crois qu’elle devrait passer …

La porte de derrière s’ouvre brutalement, une femme, la cinquantaine, coquettement vêtue fait irruption dans le magasin.

--- Lucie ! Combien de fois devrais-je vous répéter de ne pas mettre votre musique aussi fort ! Dit la femme. Les clients ne sont pas obligés de supporter votre musique ! Encore, si on peut appeler cela de la musique ! Allez me déballer les cartons de gerbera, je m’occupe de monsieur !

La patronne arrive mal, juste à l’instant où j’allais en apprendre davantage sur la petite fleuriste. Pour garder la face, je prends un air naturel et lui commande quelques roses. Je règle et me prépare à partir quand la porte de la boutique s’ouvre.

--- Quelle surprise ! Comment allez-vous Laetitia ? Demande la patronne, vous n’êtes pas trop fatiguée ?

Emmitouflée dans une épaisse parka rouge, la petite fleuriste passe devant moi. Et toujours ce léger sourire accompagné d’un mouvement de la tête en guise de bonjour. Afin de profiter de la conversation, je fais semblant m’intéresser aux compositions florales sur les étagères.

--- C’était moins dur que la fois précédente, Madame, mais je dois retourner la semaine prochaine.

--- Ah ! J’ai hâte de vous voir à nouveau au magasin, vous me manquez terriblement !

--- Si tout va bien, je pourrai reprendre mon travaille après Pâques, dit Laetitia.

--- Mais ! Bien sûr que tout ira bien, dit la patronne, à votre âge tout s’arrange !

Alors que la conversation devient intéressante, un jeune couple pousse la porte du magasin, obligeant la patronne à interrompre la discussion. N’ayant plus rien à apprendre, je sors de la boutique.

Un vent glacé balaie papiers et autres lambeaux de plastiques. La nuit est déjà tombée, les premières étoiles s’allument au-dessus des immeubles. Accrochés à la nuit, des néons multicolores scintillent et brillent dans une demi-obscurité. Je reste quelques secondes devant la vitrine à méditer sur ce que je viens d’entendre.

Laetitia ! Ainsi, elle s’appelle Laetitia la petite fleuriste ! Les quelques phrases que j’ai entendues ont aiguisé ma curiosité. Un problème de santé serait donc à l’origine de son absence !


Aujourd’hui c’est dimanche, le temps a changé. Après le froid intense de ces derniers jours, la neige s’est mise à tomber. Une couche de dix centimètres recouvre le petit square en face de chez moi. C’est joli, j’aime bien Paris sous la neige. Les enfants aussi adorent, ils se sont divisés en deux camps et s’affrontent à coup de boules de neige. Moi, je me couvre bien et je vais chez mon ami Arnaud, il tient à me montrer sa dernière acquisition, un ordinateur hyperpuissant et pratiquement introuvable en France, dit-il. Arnaud est une sorte de génie de l’informatique, tout son temps libre et son argent passent dans l’équipement de ses ordinateurs.

Pour gagner du temps, je décide de couper par le cimetière. Je prends plaisir à écouter le craquement de la neige sous mes pieds et à maculer la longue allée blanche. Certaines personnes évitent de traverser le cimetière, sous prétexte que c’est triste. Moi, j’adore, c’est reposant et calme.

J’arrive au milieu du cimetière, mes yeux se promènent au hasard de tombe en stèle lorsqu’une personne vêtue de rouge attire mon regard.

Laetitia ! Mais oui, c’est Laetitia, là devant moi à environ une centaine de mètres. Elle est plantée toute droite devant une tombe, tête baissée, les mains dans ses poches. Elle vient de perdre un proche, me dis-je. Elle regarde autour d’elle, m’aperçoit, semble surprise et part aussitôt. Arrivé à hauteur de la tombe devant laquelle elle se trouvait, machinalement je regarde. La pierre tombale et la stèle sont toutes neuves, aucune inscription et pas la moindre fleur. Apparemment, il n’y a personne d’enterré sous cette dalle. Alors pourquoi vient-elle se recueillir sur une tombe vide ? C’est insensé. Je poursuis à allure constante, mais pour ne pas se faire rattraper, elle presse le pas. Elle accélère encore et la distance entre elle et moi ne cesse d’augmenter.

Soudain, alors qu’elle marche à vive allure au milieu de l’allée, elle se met à zigzaguer. Elle se plante quelques secondes au milieu de l’allée puis se dirige péniblement vers la tombe la plus proche en titubant et s’assoit sur le muret sans même dégager la neige. Surpris, j’accélère mon allure et la rejoins.

--- Ca va pas, Mademoiselle ? Un problème ?

Elle ne me répond pas de suite, mais lève la tête et prend de profondes inspirations, comme un coureur après la course.

--- Si ! Si ! Ca va aller dit-elle, il faut simplement que je me repose un peu.

--- Mais vous ne pouvez pas rester ici, par ce froid ! Dis-je.

Puis, feignant de ne pas l’avoir reconnu, j’ajoute :

--- Vous n’êtes pas la fleuriste…

J’arrête net ma phrase, elle pâlit et s’affaisse sur le muret.

--- Eh ! Faut pas rester comme ça !

Je sors mon portable et appelle le SAMU.

En attendant, je m’efforce de la maintenir éveillée, je lui parle sans arrêt et lui donne de petites claques sur les joues. Son état n’empire pas, elle me répond faiblement mais semble extrêmement fatiguée. Le SAMU arrive.

J’arpente le long couloir et je passe pour la centième fois devant une reproduction des «coquelicots » de Monet. Ensuite, je reprends ma place près de ce ficus benjamini à moitié effeuillée, je me saisis d’une revue tout écornée et tourne les pages comme un automate.

Plus d’une heure que j’attends et personne pour me donner des nouvelles de Laetitia. Je ne sais même pas ce qu’elle a.

--- Il y a quelqu’un pour la jeune fille du SAMU ? Dit à voix haute une femme en blouse blanche.

--- Oui, dis-je, c’est moi qui ai appelé les secours.

--- Elle est chambre 27 au deuxième. Le médecin va passer.

Je frappe doucement et sans attendre de réponse, tourne la poignée de porte.

--- Je ne sais comment vous remercier, dit la jeune femme. Asseyez-vous.

Je rapproche une chaise près de son lit, elle se retourne vers moi et, d’une voix calme et douce, elle m’explique sa maladie. Ce dont elle souffre est simple à résumer, elle est atteinte d’une insuffisance rénale. Un seul de ses reins fonctionne, et encore, très mal. Bientôt, il ne fonctionnera plus du tout. Pour compenser , elle se fait dialyser chaque semaine. Une solution existe, c’est la greffe. Mais les obstacles sont nombreux, et le plus difficile est de trouver un donneur compatible. Elle dit que cela peut arriver très vite ou demander des années. J’apprends qu’elle est inscrite sur un fichier informatique et qu’il n’y a rien d’autre à faire sinon attendre et espérer. Je lui parle de ma vie, de mes études et, comme elle doit rester à l’hôpital trois ou quatre jours, je lui promets de venir la voir demain.


Arnaud s’est payé un matériel d’enfer ! Sa dernière prouesse : casser le code d’accès d’une banque ! Tous les décomptes des clients de la banque défilent sous mes yeux. Je n’en reviens pas ! Il me montre des trucs insensés, des sommes colossales qui passent d’un compte à un autre. Et à la ligne suivante, des personnes qui ne perçoivent que quelques centaines d’euros par mois, et en plus la banque qui se sucre sur leurs dos avec des frais et des agios Je trouve cela honteux! Et personne ne dit rien, c’est la loi du plus fort et ça me révolte. Je raconte à Arnaud ce qui m’est arrivé avec la petite fleuriste et le problème pour elle de trouver un rein compatible. Arnaud réfléchit.

--- Tu veux un rein ? Rien de plus simple, tu me donnes les renseignements de compatibilité et je t’en trouve un.

--- Non ! T’es sérieux ! Dis-je.


Le lendemain, je retourne à l’hôpital, mais avec Arnaud. Il m’a dit : « Je veux voir à quoi elle ressemble cette meuf ».

Laetitia est assise dans son lit, un magasine féminin sur ses genoux. Comme je ne voulais pas arriver avec des fleurs, j’ai trouvé un petit foulard dans une boutique près de chez moi.

--- Fallait pas, dit-elle… Puis elle ajoute : c’est gentil !

Je lui présente Arnaud en précisant qu’elle a devant elle un as de l’informatique. Arnaud fait le type gêné, mais je le connais, intérieurement il jubile. On parle de choses et d’autres, de chansons et surtout de cinéma. Je me rends compte qu’Arnaud et Laetitia sont cinéphiles tous les deux.

Je les laisse poursuivre leur conversation, prétextant un devoir de philo à terminer. Je ne suis pas mécontent de moi, j’ai donné un peu de mon temps à cette fille, je me suis rendu utile et j’en retire une certaine fierté. Je rentre chez moi en passant par le cimetière. La neige fond et se transforme en une espèce de gadoue. J’ai les pieds trempés. Passant devant la tombe sans inscription, la même question refait surface : « Qu’est-ce qu’elle peut bien faire devant une tombe vide » ? Je n’ai pas de réponse et cela me gêne de lui demander.

Cette semaine, c’est les vacances de février et j’en profite pour réviser. Je prends des nouvelles de Laetitia par téléphone, elle est rentrée chez elle et se repose. Je n’ai pas de nouvelle d’Arnaud, j’ai voulu l’appeler sur son portable, mais je n’ai eu que la messagerie. Comme je passe devant chez lui, je monte jusqu’à son appart. Sa mère m’ouvre, elle me dit que son fils l’inquiète, qu’il est bizarre en ce moment, il a passé la moitié de la nuit à consulter des sites de greffes d’organe.

J’allais lui raconter l’histoire de Laetitia et son problème de rein, mais comme il n’a rien dit à sa mère, je préfère me taire.

Je quitte la mère d’Arnaud assez contrarié, il est mon meilleur copain, qu’est-ce qu’il lui arrive ? L’univers d’Arnaud se résume à deux choses : l’informatique et les études.

A tout hasard, je passe au petit café où nous avons l’habitude de nous retrouver, Arnaud, moi, et quelques autres. Je me sens bien ici, les patrons sont sympa. Dommage, parfois ça pue un peu trop la clope, mais bon !

J’ai même pas le temps de faire le tour de la salle des yeux qu’on m’interpelle. C’est Arnaud, il est assis à une petite table. Laetitia est à côté de lui, ou plutôt contre lui, dans ses bras. Je les salue tous les deux et les félicite de les voir ensemble.

--- j’étais inquiet, dis-je, Comme j’arrivais pas à te joindre, je suis passé chez toi ! T’as mère s’inquiète aussi.

--- Je me démène pour trouver un rein, dit Arnaud, c’est plus difficile que je ne l’avais imaginé car le groupe sanguin de Laetitia est rare. J’ai surfé presque toute la nuit sans résultat, ça fait chi…er ! Il faut faire vite, le rein de Laetitia continue à se détériorer !

J’écoute Arnaud avec beaucoup d’étonnement, jamais je n’aurais imaginé qu’il puisse tenir de tels propos.

Laetitia serait donc responsable de ce spectaculaire changement ? La façon dont il la regarde suffit à dissiper mes derniers doutes. Ca me fait tout drôle de voir Arnaud amoureux ! Ah, si sa mère le voyait…

Trois mois ont passé, Arnaud et Laetitia ne se quittent plus, mais le temps devient une denrée extrêmement précieuse, l’unique rein de Laetitia ne fonctionne pratiquement plus, elle ne survit que grâce à la dialyse. Arnaud est désespéré, impossible de trouver un rein compatible sur le net.


Lundi matin. Mon portable sonne alors que je suis encore dans ma salle de bain. Je maudis ce petit bijou technologique mais néanmoins, je prends.

--- Allô ! C’est Laetitia. Tu peux pas savoir comme je suis heureuse, on a trouvé un rein ! L’opération à lieu ce matin même ! Tu te rends compte ? Quand je pense que je me suis acheté une place au cimetière et qu’elle est prête à me recevoir ! Tant pis, elle attendra. Le pire, c’est que je ne peux pas prévenir Arnaud, il est parti en Grèce ; une croisière qu’il a gagnée à un concours. C’est dommage, qu’est-ce qu’il serait content. Si tu arrives à le joindre, surtout annonce-lui la bonne nouvelle.

Cet appel me comble de bonheur, Laetitia va enfin pouvoir vivre comme toutes les jeunes filles de son âge. C’est un grand jour !

Mais Arnaud ? Qu’est-ce qu’il fout en croisière, à un mois du bac ? Décidément, l’amour lui fait perdre la raison !

Mes cours terminés, je file à l’hôpital prendre des nouvelles de Laetitia. Je suis un peu déçu car on ne me laisse pas entrer dans sa chambre. C’est à cause des microbes, me dit l’infirmière. Le médecin est rassurant, il me dit que la transplantation s’est déroulée dans les meilleurs conditions, mais il ajoute aussitôt : « Maintenant, il faut attendre pour voir si elle ne fait pas de rejet ».

Arnaud ne se manifeste pas, je trouve qu’il exagère. Il pourrait au moins se donner la peine de passer un coup de fil à Laetitia ! Même ses parents ne savent pas où il est ! Son ingratitude me surprend.

Le lendemain, je passe à l’hôpital. Je suis tellement bouleversé par ce qui arrive à Laetitia que je me trompe d’étage, j’ouvre une porte : c’est pas Laetitia. J’en ouvre une seconde : pas elle non plus. Une troisième…

--- Non ! Arnaud ? Mais, qu’est-ce que tu fais là ? T’es malade ?

Arnaud se relève doucement et rabat le drap au niveau du ventre. Un gros pansement recouvre une partie du côté gauche, juste au niveau du rein.

Je comprends de suite la situation, mais j’en ai le souffle coupé.

--- C’est donc ça ta croisière en Grèce !

--- C’est ça, dit Arnaud, mais tu me promets de ne rien dire à personne. Il ne faut pas que Laetitia apprenne que c’est moi le donneur, surtout en ce moment, pendant la période de rejet… Tu as vu Laetitia ? Comment va-t-elle ?

Arnaud me parle beaucoup, cette décision l’a enfermé dans une grande solitude et l’a obligé à mentir. Ma venue n’était pas prévue, mais se confier à moi lui fait le plus grand bien. J’ai l’impression qu’il évacue un trop plein d’émotions, d’incertitudes et de doutes…Je le rassure, je lui dis qu’il a pris une décision courageuse, que ce qu’il a fait est admirable.

--- Je l’aime tant ! Dit-il. Dès que j’ai su que mes tissus étaient compatibles, je n’ai pas hésité, pas une seconde. Tu peux pas savoir comme je suis heureux. Ah, une chose il faudrait que tu dises à Laetitia et à mes parents que tu as eu de mes nouvelles et que tout va bien, Les pauvres, ils doivent se faire un sang d’encre.


Septembre. L’été se prolonge, il fait très beau, nous sommes tous les trois à la terrasse d’un café. Laetitia s’est bien rétablie, elle parle même de reprendre son travail de fleuriste. Arnaud a réussi son bac, il s’est inscrit en fac de médecine et moi en fac de lettre. Jusqu’à présent, le suis le seul à connaître le secret d’Arnaud. Il a dit qu’il s’était fait opérer en Grèce à la suite de fortes douleurs intestinales.

Je saisis ma bière, elle est fraîche ; le trottoir déverse une foule bruyante et multicolore. Laetitia et Arnaud ne me voient pas, ils ne voient personne, ils s’embrassent et rient d’un rien. Est-ce cela le bonheur ?

BOKAY

M


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Mardi 23 janvier 2007 2 23 01 2007 11:02

1954 ( L’Abbé Pierre)


La Seine gèle pont Mirabeau,

Les gens se pressent en longs manteaux.

Les caniveaux sont prisonniers,

Les sans-logis sont en danger.


L’hiver s’installe dans la durée,

Chacun active sa cheminée.

Mais dans ce froid de Sibérie,

Que vont devenir les sans-logis ?


Ils se regroupent pour recevoir,

Une soupe chaude, un peu d’espoir,

Puis se dispersent dans la nuit,

A la recherche d’un abri.


Jamais Paris n’avait connu,

De mémoire d’homme, bien entendu,

Un froid si vif que cet hiver,

Qui vous gèlerait même l’enfer !


Mais pressentant la catastrophe,

Un homme se lève et apostrophe,

élus notables et dirigeants,

Tout ce gratin indifférent.

Fallait secouer ces décorés,

Ces gens au coeurs congestionnés,

Toutes ces personnes bien à l'abri

Derrière des lois et des képis.

               Rendons hommage à ton courage,

Petit Abbé au cœur si large.

BOKAY

Par BOKAY - Publié dans : POEMES
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Vendredi 1 décembre 2006 5 01 12 2006 22:01

Tire pas sur ma laisse!



Je suis une petite chienne toute blanche. Mes maîtres m'ont appelés Amarante, mais très vite tout le monde m'a surnommé ' Pépette'. Je mène une vie paisible, au chaud et bien nourrie. En somme, on peut dire que je fait partie des 'planqués'.

Donc, il y a trois ans je suis atterri chez les 'Chotard', une famille de retraités, des gens bien sous tous rapports. J'ai pas à me plaindre, je passe mes journées à la maison, je grignote des os en peau de buffle, je me vautre sur le canapé ou sur les genoux de ma maîtresse. Mon Maître, le père Chotard, me sort tous les jours et par n'importe quel temps. On fait de grandes balades ensemble dans les rues de la ville. Chaque début d'après-midi, j'attends l'heure de ma promenade avec impatience, c'est incroyable tout ce qu'il y a à voir et surtout à renifler dans cette ville.

Quand je suis arrivée chez les Chotard, j'étais toute petite, pas plus grosse que cette animal idiot qu'on appelle 'cochon d'Inde'. Comme beaucoup de jeunes chiens, je faisais plein de tours. Je me souviens que j'avais un penchant pour les rideaux, surtout ceux du salon. Ah! Comme je les aimais les rideaux de la mère Chotard! Que de bons souvenirs ils me rappellent. Je sautais de toute la force de mes petites pattes et m'agrippait au voilage qui cédait dans un bruit de déchirure. Et vlan! Je me retrouvais à terre sur la moquette; la mère Chotard arrivait en catastrophe, levait les bras au ciel pour ses rideaux et me prenait dans ses mains pour s'assurer que je n'avais rien de cassé. Je faisais des pipis partout, même sur le beau tapis que les Chotard avaient ramené d'un voyage au Maroc. Une fois, je me suis fais drôlement criée, j'avais déchiqueté le coussin qui venait de mamie Chotard. Je pouvais pas savoir, moi, il était horrible ce coussin. Mais maintenant, je suis raisonnable, je ne fais plus de bêtise, normal, à trois ans! L'autre jour, il m'est arrivé une drôle d'aventure avec mon Maître, je vais vous la raconter.

Comme tous les après-midi, je faisais ma promenade avec le père Chotard. Nous étions un peu à l'écart de la ville, dans un chemin de terre bordé par une haie de thuyas, quand soudain je sens une odeur intéressante sous la haie. Je commence à fouiner, le père Chotard tire un coup sur ma laisse, mais je résiste et gratte de mes pattes avants. Curieux de voir ce qui m'intéressait autant, mon Maître s'avance vers moi et se penche sous la haie.

--- Bon Dieu mais c'est un portefeuille! Ben merde! Dit le père Chotard.

Je lève la tête pour voir, ça m'intéresse aussi, c'est quand même moi qui l'ai trouvé ce portefeuille! Je vois mon maître qui l'ouvre, en sort des billets et commence à compte: 20, 50, 100, 200...

---Deux cent euros! Tu te rends compte Pépette, on a trouvé 200 euros! Ah t'es une brave bête, mais t'en fais pas, t'aura ta récompense aussi!

Oui, cause toujours, il dit ça, mais ça sera comme d'habitude, il oubliera. Promesse d'ivrogne tout ça! N'empêche qu'il est passionné le père Chotard, je l'ai rarement vu comme ça, il compte et recompte ses billets. Si je pouvais parler, je lui dirais: «  c'est pas la peine que tu les comptes dix fois, y en aura pas plus »! Je l'ai rarement vu comme ça, comme s'il avait gagné l'euromillion! Le père Chotard met le portefeuille dans la poche de sa veste, et on retourne en passant par le centre ville. C'est là que je l'attends, je veux parler de sa fameuse 'récompense'! En effet, nous passons toujours devant une confiserie dont une partie de l'étalage s'avance sur le trottoir. J'aime bien passer là, je récupère toujours des miettes de gâteau ou de confiseries à terre. Le père Chotard passe devant sans ralentir, mais moi je tire sur ma laisse et fais entendre un petit jappement plaintif.

--- Ah pour ça, t'as une bonne mémoire Pépette! Dit-il, bon d'accord, comme on dit, chose promise...

Et il achète une grosse tablette de chocolat! Celle à deux euros. Oui! et au lait en plus! Je m'en lèche déjà les babines. Il la fourre dans sa poche et nous marchons encore un peu. Comme nous arrivons au banc de bois, mon Maître décide de faire une pause. Il sort la plaque de chocolat, en casse un carré, me le donne et repose négligemment la tablette sur le banc. Puis, il sort son portefeuille, l'ouvre avec précaution et recompte à nouveau les billets. Le voyant bien occupé, son nez caressant les billets chiffonnés, j'attrape discrètement la plaquette de chocolat, arrache le papier avec précaution et... Bon sang que c'est bon ! Quel régal! C'est tellement bon que je ne pense même pas à m'arrêter. Je liquide toute la plaquette en quelques minutes. Le père Chotard à refermé le portefeuille et reste immobile, la tête perdue dans les nuages. Il pense à ses sous. Il regarde sa montre, se tourne vers moi et fronce les sourcilles en voyant le papier de chocolat à terre.

--- Ben, ¨Pépette! T'as quand même pas mangé toute la tablette? Dit-il.

Moi, je ne dit rien, je baisse la tête et me frotte tout contre lui. Mais aujourd'hui, la chance est avec moi, mon Maître est d'excellente humeur. Le chemin du retour me semble long, je me sens comme 'barbouillé' et ma tête devient de plus en plus lourde. Je ne fais rien voir, mais faut l'admettre, j'ai exagéré sur le chocolat.

--- T'as été longtemps! Dit la mère Chotard.

--- Oui, il faisait beau, alors on en a profité, dit le père Chotard.

Je m'attendais à ce que mon Maître raconte notre aventure à la mère Chotard, mais rien, pas la moindre allusion à ma découverte. J'en suis même vexée, ah le goujat. Mais j'ai compris, le père Chotard veux garder tout pour lui, alors évidemment, se taire et la meilleur décision.

Oh! Mais qu'est-ce qu'il se passe, je me sens vraiment mal! Dans ma tête, ça tape comme un tambour...Et vlan! Voilà que je vomis sur le carrelage de la cuisine. La Mère Chotard arrive en catastrophe, suivie de son mari.

--- Ma Pépette! Qu'est-ce qui t'arrive ma p'tite puce! T'as vomi tout marron! C'est pas bon signe ça, faut aller chez le vétérinaire. Et elle a rien mangée en route?

--- Oh non! Répond hypocritement le père Chotard, rien du tout.

La suite est cocasse, ils m'ont emmené d'urgence chez le véto qui m'a fait la totale: radio, prise de sang, piqûres, cachets. Tout ça pour une simple crise de foie. Oui mais le père Chotard, il pouvait rien dire. En tout cas, la facture du véto, il est pas près de l'oublier le père Chotard: cent quatre vingt dix huit euro exactement. Si je compte bien, avec deux euros pour la tablette de chocolat, ça fait tout juste deux cent euros! Bah! Il y aura des jours meilleurs.

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Vendredi 1 décembre 2006 5 01 12 2006 21:47

Les Fauchard et (N° 3)…des vacances mouvementées



Les Fauchard, c’est nous. Je veux dire : mes parents, ma grande sœur et moi. Ah ! J’allais oublier grand-mère, et biscuit notre petit chien. Mes parents tiennent une épicerie à Paris, rue du Cherche Midi.

Les Duchemin, c’est eux. La boucherie juste en face. Il y a le patron, tout le monde l’appelle « Duchemin », même sa femme. Ensuite, il y a la patronne, entre nous on l’appelle « La mère Duchemin ». Ils ont deux jumeaux de treize ans, des intrépides, pas une journée sans qu’ils se prennent une volée.



Décidément, les vacances commencent mal. La location n'est en fait qu'une ancienne baraque de pêcheur aménagée en maison de vacances. Les bagages sont encore dans les voitures que déjà un épineux problème se pose: l'attribution des chambres. La location en possède trois. Après une visite rapide des différentes pièces, la Mère Duchemin interpelle son mari bien fort pour que tout le monde entende.

--- Nous, on prend cette chambre là, Duchemin! Et celle à côté, c'est pour les jumeaux!

Comme par hasard, elle a choisi les deux plus grandes. Je regarde mon père: la riposte va arriver c'est sûre. Rien qu'à voir la façon dont il pince ses lèvres et cligne des yeux, ça va chauffer!

--- Ah ça par exemple! Et qu'est-ce que je fais de Grand-Mère? Dit mon père. Désolé Arlette, mais nous, on est cinq, on va quand même pas coucher tous dans cette petite chambre! En plus il y a même pas assez de lits!

--- Allons Arlette, sois raisonnable! Dit Duchemin. Faut te faire une raison, t'es en vacances, Tu peux pas avoir le même confort qu'à Paris.

Duchemin se tourne vers mon Père.

--- Elle est jamais contente, pourtant elle est pas si mal que ça cette location!

--- Allez! Venez Marcel! Laissez les femmes discuter, nous, on va arroser notre arrivée.

Duchemin vide la moitié du coffre de sa voiture et lève le bras en l'air une bouteille de rosé à la main.

--- Ca y est, je l'ai, dit-il. Et celle-là, c'est du bon, c'est du vin que j'ai par mon grossiste, vous allez m'en dire des nouvelles!

Quand ils sont comme ça, moi je les aime bien tous les deux. J'aime surtout quand ils commencent à se chamailler, vers la fin de la bouteille. Ensuite, je sais que mon père se tournera vers moi et me dira: «  Eh Gamin, va en chercher une autre »! La suite, je la connais aussi, c'est toujours pareil, la Mère Duchemin se pointera en gonflant ses gros nénés, dira à son mari qu'il a assez bu et lui reprochera de faire boire mon père.

Le lendemain matin, quand je me réveille, ça me fait tout drôle de me retrouver dans cette grande chambre. Il n'y a plus que moi et ma soeur, alors on discute et on se chamaille un peu. Quand nous nous levons, il fait déjà chaud dehors, mon Père et Duchemin fixent des cordes à linge entre l'appentis et les branches d'un arbre. Grand-Mère, qui s'est installée à l'ombre avec ses perruches, n' arrête pas de se plaindre, elle dit qu'il fait trop chaud, que ça sent mauvais et qu'elle était mieux à Paris.

La Mère Duchemin et ma Mère sont dans la cuisine.

--- Après-midi, il faut qu'on aille à Saint-Brieuc, dit la mère Duchemin, j'ai plus de maillot de bain, celui de l'année dernière n'est plus à la mode.

--- Je m'en achèterai un aussi et on en profitera pour faire les magasins, dit ma Mère.

Moi, je ne comprends rien aux femmes, elles ont toute l'année pour faire des achats et à peine arrivées en vacances elles veulent déjà faire les magasins. Mon Père et Duchemin vont encore râler, ça c'est sûre, surtout qu'ils ont parlés d'aller repairer les environs en vue d'une partie de pêche. Justement, les voici:

--- A quelle heure qu'on mange? Demande Duchemin, ça commence à me creuser!

--- C'est pas prêt, dit la mère Duchemin, mais si tu veux donner un coup de main...

--- T'as raison, dit Duchemin, on va vous aider, on va sortir les bouteilles pour l'apéro, on s'installe dehors, sous l'arbre,.

Comprenant qu'on ne mange pas tout de suite, j'en profite pour explorer les alentours. A une centaine de mètres à droite de notre location, je découvre un étroit sentier. La curiosité me joue souvent des tours, mais je suis comme-ça, j'aime découvrir et je décide de le suivre. Quelques minutes plus tard, je me retrouve seul sur ce petit sentier qui serpente dans une végétation coupante et trapue. Des arbustes aux formes bizarres éveillent en moi un sentiment de peur que je repousse en chantant très fort. Et si on m'attaquait? Je me sens subitement vulnérable et petit. Ridiculement petit. Alors, impatient de voir ce qu'il y a plus loin, au bout du chemin, je me mets à courir. Par endroit, la végétation est si dense que le sentier me paraît bouché. Des plantes épineuses se rejoignent au centre me laissant tout juste assez d'espace pour passer. Leurs branches me fouettent et me griffent les jambes, mais cela ne m'arrête pas. Je me sens heureux, j'ai l'impression d' entré dans un livre dont les pages se tournent sous mes pas. A ma gauche je vois la mer, immense. Quel est grande! J'ai de bonnes jambes et même si je respire de plus en plus bruyamment, je maintiens mon allure. Mais subitement et sans que rien ne le laisse présager, le sentier s'efface et laisse place à une vaste étendue de sable noirâtre. Ca tombe bien, la fatigue commence à me peser, ma respiration est saccadée et le souffle me manque. Comme un héros fatigué, je me laisse tomber sur le sol. Dans ce ciel sans nuage, le soleil me brûle les yeux; je les ferme quelques instants. Un vent léger glisse sur l'océan et m'apporte une faible fraîcheur. La mer se perd dans le lointain jusqu'à se fondre avec le ciel. La beauté du paysage m' enivre. Que c'est beau!

Mais une douleur naturelle me ramène à la réalité. Mon ventre grouille et je meurs de faim. Je me relève d'un bond et, oubliant mon pouls rapide et ma respiration saccadée, je me mets en route en sens inverse. La chemin me semble long et à nouveau, une étrange sensation de peur me poursuit. Il y a quelqu'un derrière moi, j'en suis sûre, je sens son souffle dans mon cou. Je me retourne, mais non, je ne vois personne! Pourtant il est là, peut-être derrière un de ces gros bosquets de plantes épineuses. Le soleil me brûle et mon maillot est trempé de sueur, mais impossible de m'arrêter ni même de ralentir, il gagne du terrain et se rapproche dangereusement. Les arbustes aussi sont contre moi, sinon pourquoi prendraient-ils des formes monstrueuses comme dans les livres? Enfin, la vue de notre location me rassure. Je me retourne une dernière fois, mais je suis rassuré, tous ces personnages horribles ont disparu.

---Ou que t'étais passé Gamin? Me demande mon père, Ta mère est dans tous ses états.

--- Mon pauvre petit! Dit ma mère, Mais t'es trempé, t'es tombé dans l'eau?

Comme je n'ai envie de parler ni de ma promenade ni de la peur que j'ai eu, je dis simplement:

--- Non, je ne suis pas tombé dans l'eau, je me suis mouillé parce que j'avais chaud.

Je viens de faire un gros mensonge. Je sais que c'est mal, mais j'avais vraiment pas envie de raconter.

Nous passons à table, ma mère me pose une avalanche de questions suivis d'une multitude de recommandations. Je remarque que les Jumeaux ne sont pas là non plus. On est habitué, ils sont toujours en retard. Mais évidemment, eux ils sont grands. C'est notre premier vrai repas depuis que nous sommes arrivé. J'ai une de ces faim... Le repas est prêt, mais il y a un problème, Grand-Mère ne trouve pas ses gouttes. Ma Mère et la Mère Duchemin se mettent à chercher en rouspétant, mais rien à faire, ces sacrées gouttes sont introuvables. Duchemin regarde Grand-Mère et dit:

--- Pourquoi que vous les mettez pas dans votre sac à main, vos médicaments?

--- Je les ai posés là, à côté de l'évier! Dit Grand-Mère. Je sais encore ce que fait et...

--- C'est pas leur place, coupe mon père, vous retardez tout le monde, avec vos gouttes.

--- Ca y est je les ai trouvées, dit ma Mère.

Voilà les Jumeaux arrivent en courant. ils sont tout barbouillés de cette boue noir et visqueuse qui recouvre le littorale à cet endroit.

Duchemin s'est levé d'un bond, à bousculé Grand-Mère qui, le nez collé contre son verre, comptait ses gouttes.

--- Oh! Mais faite attention, Duchemin! Vous m'avez fait tout renversé!

Duchemin a empoigné ses Jumeaux, un à chaque main et les a emmenés vers le robinet extérieur. Puis, il leur a parler de sa voix forte, j'ai entendu claquer et les jumeaux ont criés deux ou trois fois. On a encore attendu un peu et ils se sont mis à table en pleurnichant et rigolant en même tant.

Après-midi, on est tous allés à Saint-Brieuc, sauf ma soeur qui voulait faire son courrier et surtout lire son livre, 'Le Grand Maulne'. Moi, je suis resté avec ma Mère et la Mère Duchemin. On a fait pas moins de dix boutiques pour trouver un maillot de bain pour la Mère Duchemin. A chaque fois, j'entendais la même réponse: désolée Madame, mais on ne fait pas plus grand! Elle a fini par en trouvé un, mais il est tout noir et il lui serre de partout. Quand elle est dedans, elle me fait penser à un énorme boudin noir qui aurait une hernie. On a retrouvé mon Père et Duchemin à la voiture à dix-huit heures, ils s'étaient achetés chacun une nouvelle canne à pèche et Duchemin une carabine à plomb.

Cet achat ne plaît pas du tout à ma Mère: «  Une carabine! Quelle drôle d'idée »! Mon père lui explique que c'est seulement une carabine à plomb, pour tirer sur des cibles en cartons, mais ma mère est contre tout ce qui ressemble à une arme. Elle est fâchée et discute ferme avec mon Père quand nous arrivons à notre logement. Mais la conversation se coupe net, ma Mère se dresse sur son siège et passe sa tête par la vitre de la portière:

--- Y'a une voiture de garée devant l'autre location, dit-elle.

--- Oh! Mais nos voisins sont arrivés, dit mon Père.

--- Faut espérer que c'est des gens bien? Ajoute ma Mère.

A peine sommes-nous entrés dans la location que ma soeur jette son livre et se lève de son fauteuil tout d'un coup:

--- nos voisins sont arrivés, je les ai vus.

--- Et ils sont comment? demande ma Mère, Ils ont l'air bien?

--- Oh oui, dit ma soeur, ils sont bien habillés, ils sont noirs et ils ont deux garçons, noirs aussi.

La Mère Duchemin tourne la tête à la vitesse de l'éclair, s'immobilise et regarde ma soeur dans les yeux.

--- Qu'est-ce que tu veux dire par: ils sont noir?

--- Ben quoi, ils sont noirs, Des Africains, certainement.

--- Quoi! Dit la mère Duchemin, Des noirs! Des noirs là, à côté de chez nous! Ah, quelle horreur! Duchemin, Duchemin, viens vite, nos voisins c'est des noirs!

A suivre...

Mes écrits et dessins : http://bokay.over-blog.org/

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